‹ Poésies de SchillerChapitre 148 sur 258 · LITRE PREMIER · texte numérisé non relu

LITRE PREMIER

partisai]^ de Temperear et en diminuaient le nombre, tandis qu'ils exaltaient jusqu'au désespoir le courage de ses ennemis.

Au milieu de ces hostilités, Mathias continua à se montrer disposé à la paix; mais les insurgés repoussèrent ses avances; car ils se sentaient plus forts que jamais. Les états de la Moravie s'étaient déclarés en leur faveur, et un des plus célèbres guerriers de TÂllemagne, le comte de Hansfeld, vint leur prêter l'appui de son lM*as et de son nom.

L'insurrection de la Bohème avait, dès son origine, excité l'attention des chefs de V Union évangélique; la cause pour laquelle on combattait dans ce pays était la leur, le résultat devait nécessairement influencer leur propre destinée; aussi s*étaientrils empressés d'encourager ce mouvement par des promesses que le hasard les mit à même de réaliser plus tôt qu'ils n'avaient osé l'espérer.

Le comte Pierre-Ernest de Mansfeld , fils du comte Ernest de Mansfeld, qui avait commandé avec beaucoup de gloire l'armée espagnole dans les Pays-Bas, devint Tinstrument qui, dans cette circonstance, devait humilier la maison d'Autriche. Il avait fait ses premières armes au service de cette maison, et combattu la réformation et la liberté allemande sous le drapeau de l'archiduc Léopold, archevêque de Strasbourg, pendant les différends survenus à l'occasion de la succession du duché de Juliers. Mais, tout en combattant les protestants, il s'était insensiblement pénétré de leurs principes; et brsque l'archiduc Léopold refusa de lui rembourser les dépenses qu'il avait faites à son service et dans son intérêt, il rompit avec lui, et offrit à YVnion le concours de ses talents et de son épée victorieuse.

Cette offre avait été reçue avec empressement; car le duc de Savoie venait- de demander à VVnion^ dont il

était rallié, un secours de quatre mille hommes contre l'Espagne, et le comte de Mansfeld lui parut le seul homme capable de lever ces troupes en Allemagne avec la promptitude nécessaire. Mais lorsque cette armée» recrutée à ses frais, fut prête à marcher, il n*en avait plus besoin; il autorisa donc ses alliés à en faire Tusage qu'ils jugeraient le plus utile. Les chefs de V Union s'empressèrent de l'envoyer en Bohême, très-satisfaits de pouvoir ainsi secourir ce pays sans qu'il leur en coûtât rien.

Dès son arrivée, le comte de Mansfeld s'empara de la ville de Pilsen, la plus forte du royaume et la plus dévouée à l'empereur. Presque au même instant les insurgés reçurent un autre secoui*s aussi inattendu : les états de la âilésic leur envoyèrent des troupes , qui ne tardèrent pas à en venir aux mains avec les Impériaux. La guerre se bornait encore à des escar* mouches sans importance, mais il était impossible de ne pas y reconnaître le prélude de combats plus sérieux. Toujours disposé à la paix, l'empereur continua à négocier : les rebelles feignirent d'accepter l'intervention de la Saxe, qu'il venait de réclamer; mais, avant qu'il eût pu reconnaître qu'on n'avait cherché qu'à le tromper pour gagner du temps, la mort l'enleva de la scène du monde.

Qu'on se demande maintenant par quels hauts faits Màthias a justifié l'attention générale, que ses entreprises téméraires avaient attirée sur lui.^ Était-ce la peine de faire descendre Rodolphe du trône impérial par un crime, pour occuper ce trône sans dignité et le quitter sans gloire ? Toute la durée de son règne fut, pour ainsi dire, consacrée à expier les moyens peu honorables par lesquels il était arrivé à l'empire. L'impatience de porter la couronne quelques années plus tôt, l'avait poussé à en sacriOer Tindépendance; et le peu

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