‹ Poésies de SchillerChapitre 155 sur 258 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

parti. Déjà la Saxe et la Hesse-Darmsladt s'étaient déclarées pour Ferdinand II ; la basse Autriche^, snr la* quelle les protestants croyaient pouvoir compter, s'était souAiise à l'empereur, et Belhlen Garbor venait de lui accorder une trêve. Par d'adroites négociations, il avait décidé le roi de Danemark à rester neutre, et entraîné la Suède dans une guerre contre la Pologne , dont les chances variées l'occupaient suffisamment. La Hollande avait besoin de toutes ses forces pour résister à l'Espagne; Venise et la Savoie restèrent neutres, et le roi Jacques d'Angleterre devint lui-même le jouet de la perfidie espagnole.

Cependant les chefs de VVnion avaient assemblé une armée; Tempereur et la Ligue s'étaient également mis en mesure; leurs troupes réunies, commandées par Maxirailien, campaient près de Dona>vert; celles de Y Union, sous les ordres du margrave d'Anspach, stationnaient près d'Ulm. L'instant qui devait terminer la longue lutte des deux Églises, et fixer leur position respective en Allemagne, semblait être arrivé enfin. Une attente inquiète tenait tous les esprits en suspens, lorsque tout à coup la nouvelle la plus inattendue, la plus étonnante, la plus inconcevable, fit succéder à cette sourde agitation la stupeur de la surprise : les deux armées venaient de se dissoudre sans avoir échangé un coup de fusil! la paix était signée !

Cette paix, que les deux partis acceptèrent avec un empressement égal, avait été préparée par l'intervention de la France. Ce pays, qui n'était plus gouverné par un grand homme tel que Henri iV, redoutait beaucoup moins Tagrandissement de la maison d'Autriche, que les succès qu'obtiendraient les calvinistes si la maison du Palatinat se soutenait sur le trône. Toujours en guerre avec ses sujets huguenots , le cabinet français croyait qu'il n'y avait pas d'affaire plus importante pour

lui, que, d'arrêter le triomphe des prolestants de la Bohème, aOn de les empêcher de former une ligue avec ceux de la France. Dans cette conviction, il se fît médiateur entre la Ligue et YUnion^ et parvint à leut faire conôlure un traité de paix, par lequel cette dernière s'interdisait le droit de se mêler des affaires de la Bohème, et bornait la protection qu'elle avait promise au duc palatin Frédéric, à lui garantir la tranquille possession de ses États héréditaires. Après ce traité, aussi peu honorable qu'il était contraire aux intérêts de V Union évangélique^ et que la crainte seule avait pu lui faire accepter, l'empereur dirigea toutes les forces que lui prêtaient la Bavière et la Ligue y contre la Bohême, désormais abandonnée à ses propres ressources.

Immédiatement après la signature de la paix d'Ulm, Maximilien pénétra dans les prorinces de l'Autriche, oà l'esprit de révolte n'était pas encore éteint, et les força à acheter le pardon de leur maître, par une soumission aussi prompte que complète. Cette première expédition terminée, il se joignit aux troupes du général Boucquoi; et l'armée impériale bavaroise, qui, après cette jonction Be montait à plus de cinquante mille hommes, ne tarda pas à entrer en Bohême. Chassant devant elle les escadrons que les rebelles avaient laissés en Autriche et en Moravie, pour faciliter leurs relations avec les insurgés de ces provinces, cette armée prit d'assaut les premières villes qu'elle rencontra sur son passage; les autres ovi« vrirenl leurs portes, et rien ne s'opposa plus à la marche triomphale du duc Maximilien. .

L'armée bohémienne, commandée par le.prince Chris* tian d'Anhalt, se replia jusque sous les murs de Pra* gue, où le duc Maximilien de Bavière vint le contraindre à* livrer bataille, sachant qu'il n'y était pas préparé et que la victoire serait facile. En effet, toutes les forces de Frédéric ne se montaient pas à trente mille

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