‹ Poésies de SchillerChapitre 167 sur 258 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

suédoise dans la forteresse de Russelsheim , s'explique par la parenté du landgrave avec Télecteur de Saxe, que. Gustave- Adolphe était forcé de ménager.

Les comtes de Westerwald et de la Watterau s'étaient également rendus à Francfort pour offrir au roi de Suède des secours, qui plus tard lui devinrent fort utiles contre les Espagnols.

La ville de Francfort ne tarda pas à se féliciter du parti qu'elle avait pris, de se placer sous la protection de la Suède. Ses relations commerciales, que la guerre avait interrompues, se renouèrent^ et ses foires, rendues désertes par les excès des troupes impériales, devinrent plus florissantes que jamais.

Renforcé par les dix mille Hessois, que le landgrave Guillaume de Hesse-Cassel venait de lui amener, Gustave- Adolphe prit les forteresses de Kœnigstein, Kostheim et Fliershain. Devenu ainsi maître des deux rives du Mein, il se disposa à passer le Hhin avec des bateaux de transport, qu'il (it construire en hâte à Hœchst. Ges préparatifs donnèrent Fàlarme à l'électeur Anselme-Casimir, archevêque de Mayence. Gomme partisan zélé de l'empereur, et membre actif de la Ligue, ce prélat devait nécessairement s'attendre à être traité avec plus de sévérité que rie l'avaient été les évêques de Wurtzbourg et de Bamberg. La situation de cet éleclorat sur les rives du Rhin aurait fait à Gustave-Adolphe un devoir de s'en emparer, lors même que l'abondance qui y régnait n'eût pas été un attrait irrésistible pour son armée nécessiteuse.

Se faisant illusion sur ses moyens de résistance, l'Eiecteur archevêque fit réparer à la hâte les remparts de sa capitale, l'approvisionna de manière à soutenir un long siège, et en augmenta la garnison par deux* mille Espagnols, commandés par don Philippe de Sylva. Pour empêcher l'approche des bateaux do transport des Sué-

dois, il fit fermer le Mein, à son embouchure dans le Rhin, par des pieux énormes, entre lesquels on fit couler à fond de grands bateaux chargés de pierres. Mais, empressé avant tout de mettre en sûreté sa personne et ses trésors, l'archevêque, accompagné de l'é^ vèque de Worms, s'enfuit à Cologne avec tout ce qa'il avait de plus précieux, et abandonna sa résidence, son pays et ses sujets, à la cupidité et au despotisme des soldats étrangers chargés de les défendre.

Tous ces préparatifs faits civec moins de vrai courage que de jactance, ne purent empêcher Gustaye-Âdol(die de s'approcher de Mayence et de s'apprêter à assiég»* cette ville. Pendant qu'un corps d'armée envahissait le Rlieingau, exterminait tous les soldats espagnols qu'il rencontrait et levait partout des contributions exorbitantes, un autre rançonnait les villes et les bourgs catholiques du Westerwald et de la Wetterau et l'armée principale établit son camp près de Cassel, en face de Mayence.

Le duc Bernard de Weimar avait poussé ses excursions plus loin encore; car il s'était rendu maître de la tour des Souris (Mœusethurm) et du château d'Ehrenfels, situés sur la rive opposée du Rhin.^Déjà Gustave-Adolphe se préparait à passer ce fleuve, afin de cerner Mayence de tous côtés, lorsque les succès que Tilly venait d'obtenir en Franconie, le mirent dans la nécessité de suspendre le siège de cette ville pour aller au secouis de Nuremberg ; car, profitant de son absence, les Impériaux avaient sommé celte ville de se rendre, en lui déclarant que la plus légère tentative de résistance lui vaudrait un sort semblable à celui de Magdebourg.

Trop humain et trop politique en même temps, pour s'exposer une seconde fois au reprociie d'avoir aban* donné une ville alliée à la fureur d'un vainqueur impH toyable, il se porta à son secours à marches forcées; mais dès son arrivée à Francfort, il eut la satisfaction

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