‹ Poésies de SchillerChapitre 170 sur 258 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Les succès toujours croissants de Tilly, appelaient le roi de Suède en Franconie; mais, avant de s'y rendre, il voulait chasser les Espagnols des bords du Rhin, et les mettre dans Timpossibilité de troubler de nouveau les provinces allemandes qu'il était parvenu à pacifier. Pour hâter l'exécution de ce plan, il fit offrir à Philippe Zeltner, archevêque électeur de Trêves, de le traiter en puissance neutre, s'il voulait recevoir une garnison suédoise à Hermanstein, et laisser passer son armée à Coblentz. L'électeur voyait depuis longtemps avec regret ses États au pouvoir des Espagnols; mais leur protection équivoque lui parut préférable à celle d'un hérétique.

Trop faible cependant pour songer à se défendre, il chercha un refuge sous les ailes puissantes de la France, et Richelieu se hâta de profiter de cet incident pour s^assurer un allié dévoué sur les frontières de T Allemagne. Une armée française devait occuper le territoire de Trêves, afin de le garantir contre toute invasion étrangère. Mais cette occupation ne réalisa point les espérances de l'archevêque, car il avait blessé la susceptibilité de Gustave-Adolphe, qui exigea «t obtint des avantages égaux à ceux qu'il venait d'accorder aux Français.

Durant ces démêlés diplomatiques, les généraux suédois avaient chassé de l'archevêché de Mayence le peu de troupes espagnofes qui s'y étaient encore maintenues', et le roi acheva lui-même la conquête de i'électorat par la prise de Kreuznach. Voyant enfin qu'il ne restait plus qu'à conserver les brillantes conquêtes qu'il avait faitos sur les bords du Rhin, il confia ce soin au chancelier Oxenstiem, et partit pour la Franconie avec son armée.

Le général Horn, resté en ce pays avec huit mille hommes, s'y était maintenu en dépit des efforts de Tilly pibur l'en chasser. Le territoire de l'évêché de Bamberg avait été surtout le but et le théâtre de la lutte des deux

généraux. I^es sollicitations pressantes de Tévéque, dépossédé de ses États, avaient enfin décidé l'électeur de Bavière à permettre à Tilty de reprendre Toffensive, et le généralissime s'était aussitôt avancé jusque sous les murs de Bamberg avec un corps de vingt mille hommes.

Custave Horn très-décidé à maintenir ses conquêtes, s'était enfermé dans Bamberg qu'il espérait défendre contre l'armée ennemie tout entière, et cependant il avait été obligé d'abandonner cette ville à une première attaque des avant-postes impériaux ; car une confusion inexplicable s'était mise tout à coup, parmi ses troupes, et ni son courage personnel ni sa présence d'esprit n'avaient pu parvenir à les rallier. Au milieu de ce désordre frénétique, on avait ouvert les portes de la ville, et il lui avait fallu des eQorts inouis pour sauver son artillerie et ses bagages.

Bamberg resta donc au pouvoir des Impâîaux; mais le général suédois s'était retiré au delà du Mein, où Tilly n'avait pu le poursuivre. Tel* était l'état de la Franconie lorsque le roi de Suède y reparut et força, par sa seule présence, le vieux généralissime à renoncer à ses projets de conquêtes pour ne s'occuper que de la conservation de l'armée qu'il avait eu tant de peine à réorganiser.

L'armée suédoise, augmentée par les troupes des généraux Horn et Banuer, et par celles du duc Bernard de Weimar,'se montait à plus de quarante mille hommes. Aucun obstacle ne s'opposait plus à sa marche à travers la Franconie; car Tilly, se sentant trop faible pour attendre l'attaque d'une pareille armée, s'était retiré en hâte jusque vers le Danube.

La Bohême et la Bavière s'ouvraient également devant le vainqueur; et comme il était impossible de {devoir qu'elle route il choisirait de préférence, Haximilien resta longtemps indécis sur la position qu'il fallail

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