‹ Poésies de SchillerChapitre 173 sur 258 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

Et ordonnant aussitôt d*enlever le plaucner, on dé* couvrit cent quarante canons de différents calibres qui avaient été enlevés en Bohème et dans le Palatinat. Trente mille 'ducats cachés dans la plus grosse de ces pièces achevèrent de le mettre de bonne humeur; car, s*il avait été averti par un agent subalterne . de l'exis* tence de ces canons» il était loin de s'attendre à y trouver un pareil trésor.

Gustave-Adolphe ne s'était avancé dans le cœur de la Bavière que pour y attirer l'armée bavaroise, et la forcer ainsi à affaiblir ses garnisons des bords du Danube et de Ratisbonne; mais pas un soldat ne parut. Ni les vives réclamations, ni les prières de ses sujets de venir à leur secours ne purent décider Maximilieu à exposer les derniers restes de sa puissante armée aux chances d'une bataille. Renfermé dans Ratisbonne, il chercha à arrêter les opérations du roi de Suède, en renouant ses anciennes négociations de neutralité que la France avait protégées, espérant ainsi gagner assez de temps pour voir arriver de la Bohème les renforts demandés au duc de Friedland, que Ferdinand venait de rappeler au commandement en chef de son armée , et auquel il avait donné Tordre de se porter immédiatement au secours de l'Électeur de Bavière. Mais les négociations échouèrent ; car l'expérience avait appris à Gustave-Adolphe, à se défier des offres paciflques de l'électeur; et les retards calculés de Wallenstein pour secourir la Bavière, livrèrent ce pays à la merci des Suédois.

Marchant de victoire en victoire, le héros du Nord était arrivé à un point où il ne pouvait plus rencontrer d'ennemis capables de lui résister. Laissant derrière lui, vaincus et soumis, une partie de la Bavière et de la Souabe, le bas Palatinat, tous les évèchés de la Françonie et Tarcbevèché de Mayence, la fortune l'avait conduit jusqu'à l'entrée de la monarchie autrichienne,

et jusliflé ainsi le plan d*opéralions qu*il s'était tracé après la victoire de Leipsig. S'il n'avait pas réussi à réunir dans une même alliance tous les princes protestants, il était parvenu du moins à désarmer ou à affaiblir les membres de la Ligue catholique, à soutenir la guerre à leurs dépens, à diminuer les ressources de l'empereur, et à inspirer aux membres de la diète le courage de manifester hautement leurs griefs coptre le chef de TEmpire»

Là, où il n'avait pu obtenir'une soumission complète, les villes impériales qu'il était parvenu à s'attacher par le double lien de la politique et de la religion, lui rendaient des services immenses, et il pouvait tout attendre de leur amitié, tant qu*i) resterait victorieux sur les champs de batailles. Ses conquêtes sur le Rhin avaient mis les Espagnols dans Timpossibilité de se mêler des affaires d'Allemagne, et réduit le duc de Lorraine à s'estimer trop heureux d'avoir obtenu la permission de garder la neutralité. Malgré les combats qu'il avait livrés, et les nombreuses garnisons qu'il était forcé de laisser pour veiller à la conservation des places soumises, son armée, qui se recrutait sans cesse par des enrôlements volontaires, se trouvait au fond de la Bavière, et prête à envahir les États autrichiens, plus forte et plus déterminée qu'au commencement de la campagne.

La fortune, qui avait été si fidèle au roi de Suède» ne s'était pas montrée moins favorable à son allié» l'électeur de Saxe, chargé de la conquête de la Bohème. Le premier avantage personnel que ce prince avait tiré de la victoire de Leipsig, fut la reprise de cette ville. Bientôt après il eut le bonheur de soumettre les ganûsons impériales qui occupaient le district, et qui presque toutes passèrent à son service. Fortifié par cette désertion, le feld-maréchal d'Ârnheim avait conduit TariDée saxonne vers la Lusace. Mais déjà le général autrichien

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