LIVRE TROISIÈME
lenient décidé à ne recommencer la guerre sur le territoire saxon qu*au printemps prochain , il détacha de son armée un corps considérable qui , sous les ordres de Pappenheim , devait aller délivrer Cologne" et s'emparer en passant de la forteresse de Moritzbourg, près de Halle. Le reste de ses troupes établit ses quartiers d'hiver dans les villes voisines; le comte Kolloredo occupa la citadelle de Weissenfels ; Wallenstein s'établit non loin de Merseboûrg, entre le canal et la Saale, prêt à saisir la première occasion favorable pour s'avancer au delà de Leipzig, afin de couper toute communication, entre les Saxons et les Suédois.
A peine Gustave-Adolphe fut-il instruit du départ de Pappenheim, qu'il leva le camp, et s'avança à marches forcées sur Weissenfels. La nouvelle de ce mouvement répandit la surprise et la consternation dans l'armée impériale, qui ne se composait plus que de douze mille hommes, tandis que celle des Suédois en comptait plus de vingt mille. Malgré cette infériorité numérique, le duc de Friediand se disposa à accepter la bataille, persuadé qu'il la soutiendrait avec honneur jusqu'au retour de Pappenheim, qui ne pouvait être éloigné de plus, d'une dizaine de lieues.
Pendant que les courriers chargés de le rappeler partaient d'heure en heure, Wallenstein déboucha dans la plaine, et se rangea en bataille entre le canal et la petite ville de Lutzen , position qui séparait entièrement les Suédois des Saxons. Trois coups de canon que le comte Kolloredo fit tirer du fort de Weissenfels annoncèrent rapproche de Tennemi.
A ce signal convenu, les avant-postes impériaux, commandés par le général croate Isolani, se replièrent pour prendre possession des villages situés sur la Rippach. ijQur faible résistance ne put arrêter Tennemi, qui passa, ta rivière près du village du même nom; et se rangea
en bataille au-dessous de Lutzcn, en face des Impériaux.
Le canal qui s'étend depuis Zeitz jusqu'à Mersebourg, et réunit TElster à la Saale, traverse la grand'roule de Weissenfels à Leipzig, enl re Lutzen et Markranstadt. Ce fut sur ce canal que Wallenstein appuya l'aile gauchede son armée, et Gustave- Adolphe l'aile droite de la sienne; la cavalerie impériale et la cavalerie suédoise s'étendaient bien au delà de ce canal. Vers le nord, derrière Lutzen , stationnait l'aile droite des Impériaux , et au sud l'aile gauche des Suédois; les deux armées faisaient front à la grandVoute qui les séparait l'une de l'autre.
Dès la veille de la bataille, Wallenstein s'était emparé de cette route, et avait fait creuser des deux côtés de profonds fossés dans lesquels il fit cacher plusieurs pelotons de mousquetaires. Une batterie de sept canons de gros calibre avait été dressée pour protéger le feu de ces mousquetaires. Plus près de Lutzen , sur une hauteur où il y avait plusieurs moulins à vent, une autre batterie de quatorze pièces de campagne dominait une partie de la plaine. L'infanterie, divisée en cinq brigades trop fortes pour se mouvoir facilement, était postée à environ . trois cents pas de la route. La cavalerie couvrait les flancs de ces brigades; les caissons formaient la dernière ligne , et les fourgons et les bagages avaient élé envoyés à Leipzig, afin de ne pas gêner les manœuvres. Pour faire paraître l'armée plus nombreuse, les charretiers et les valets avaient reçu l'ordre de monter à cbenl et de se placer à la queue de l'aile gauche jusqu'à ^a^ rivée du corps de Pappenheim. Toutes ces mesure avaient été prises pendant les ténèbres de la nuU,^ dès les premiers rayons du jour, l'armée de Wallensidi était prête à soutenir l'attaque de l'ennemi.
Gustave-Adolphe aussi avait profité de la nuit po@ prendre ses positions d'après le système qui, un an pltf tôt, lui avait assuré la célèbre victoire de Leipzig, ft