‹ Poésies de SchillerChapitre 203 sur 258 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

rie V, elle est indigne d'un héros et d'un protecteur : le Palatinat était entre ses mains, la justice et l'honneur lui feisaient un devoir de le rendre à son souverain légitime; pour s'en dispenser, il eut recours à des subtilités dent on est forcé de rougir pour lui. Parce qu'il avait arracné' cet électorat aux ennemis par lesquels Frédéric en avait été chassé, il feignait de le considérer comme une conquête dont il pouvait disposer^ son gré. S'il le lui rendit enfin, ce ne fut point comme une juste restitution^ mais comme une grâce spéciale^ et à titre de fief de la couronne suédoise ; ce qui faisait d'un membre indépendant de la diète germanique un vassal du roi de Suède.

Le palatin et tous les princes allemands ses alliés avaient été forcés de s'engager à' contribuer , même après la conclusion de la paix générale, à l'entretien de l'armée suédoise. Cette condition seule nous fait deviner quel eût été le sort de l'Allemagne si la fortune avait continué à favoriser Gustave-Adolphe.

Sa mort prématurée sauva donc et les libertés germaniques et la mémoire de ce héros ; peut-être même lui épargna-t-elle la douleur de voir ses alliés s'armer contre lui pour le contraindre à renoncer par une paix honteuse, à toutes les brillantes espérances que ses victoires lui avaient fait concevoir. Avant sa mort déjà, la Saxe wngeâit à l'abandonner ; le Danemark voyait ses conquêtes avec inquiétude et envie, et la France, effrayée de Tagrandissement continuel de son pouvoir en Allemagne, et offensée du ton hautain qu'il prenait avec elle, cherchait des alliés pour l'aider à mettre un tei^me aux triomphes du Gotk, et à rétablir l'équilibre de;s puissances européennes.

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