LIVRE QUATRIÈME
des étals de la basse Saxe à Lunebourg pour conclure une alliance avec eux. L'électeur de Brandebourg seul montra encore quelque zèle pour Thonneur de la couronne suédoise ; car il se flattait de la voir un jour sur la tête de son fils.
Malgré les dispositions malveillantes de la cour de Saxe, le chancelier y fut accueilli avec beaucoup de distinction; mais il ne put obtenir que des promesses équivoques sur la durée de leur alliance. A Brunswick, où il tint un langage plus ferme, il fut plus heureux. A cette époque, l'archevêché de Magdebourg était encore au pouvoir des Suédois, et l'archevêque avait seul le droit de convoquer les états de la basse Saxe. Grâce à cette circonstance, qu'il soutint avec autant d'adresse que de fermeté, il empêcha l'assemblée convoquée par le prince Ulric de se réunir; mais il lui fut impossible de remplir le principal but de son voyage, celui de former une alliance générale avec tous les princes protestants de TEmpire.
Forcé de se borner h Tassistance des quatre cercles de la haute Allemagne, il invita leurs représentants à une conférence qui devait avoir lieu à Ulm; mais ne se sentant pas assez fort dans cette partie de la Bavière, il changea d'avis, e^ désigna la ville d'Heilbronn pour cette réunion. Douze villes impériales, la France, l'Angleterre et la Hollande, y envoyèrent des représentants, et un grand nombre de princes, de comtes de l'Empire, et les docteurs de toutes les universités, y assistèrent comme spectateurs.
Oxenstiern parut à cette assemblée avec tout l'éclat de la couronne dont il voulait faire respecter la majesté. Il s'était réservé le droit exclusif de faire des motions: lui seul aussi dirigeait les délibérations. Après avoir reçu le serment de fidélité de tous les députés présents, il leur demanda de se déclarer ouvertement et par un ttcte
authentique les ennemis de Tempereur et de la Ligue, Tous se rerusèrent à une démarche qui, en leur ôtant Tespoir de se réconcilier» au besoin, avec le parti im* périal, lierait à jamais leur destinée à celle de la Suède. Pour adoucir leur refus, ils assurèrent qu'un pareil acte serait une déclaration de guerre en forme et toal à f^it inutile, puisque les faits parlaient assez haut pour constater Tétat de guerre.
Une opposition plus vive encore s'éleva contre les secours d^hommes et d'argent que le chancelier demandait à ses alliés. Le principe de cet homme d*Êtat consistait à obtenir le plus possible, et celui des députés à donner le moins possible. Aussi Oxenstiem éprouva-t-il en cette circonstance ce que trente empereurs avaient éprouvé avant lui, c'est-à-dire que rien au monde n'est plus difficile que d'arracher de l'argent aux représentants des états de TÂllemagne. Pour toute réponse à ses réclamations, on lui fit le compte des sommes et des troupes qu'on avait déjà fournies; on se plaignit amèrement des excès que se permettaient ses soldats; et, loin d'accepter de nouvelles chaînes, ils demandèrent unanimement la diminution des anciennes*
Oxenstiern n'avait jamais eu occasion de ^ familiariser avec les obstacles que les constitutions démocratiques opposent à la volonté d'un seul. Toujours prêt à agir, et inébranlable dans ses résolutions, fondées sur la justice ou sur les lois impérieuses de la nécessité, il ne comprenait rien à l'inconséquence de ces honunes, qui voulaient obtenir un résultat et repoussaient le seul moyen possible d'y arriver. Quoique naturellement emporté et violent, il savait se contenir; mais, dans cette circonstance, il laissa éclater sa colère. Persuadé qu*uii langage modéré ferait croire que la Suède se sentait faible, il parla en maître.
Au reste, en se trouvant au milieu de députés et de