‹ Poésies de SchillerChapitre 210 sur 258 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

politique, ne pouvait se dispenser d'être juste. Il rendit donc aux héritiers de Frédéric Télectorat du Palatinat, à ^exception de Manheim, qu*il se réserva d'occuper jusqu'à l'entier remboursement des frais occasionnés par la conquête de ce pays sur l'ennemi qui s'en était em^ paré. Il continua ainsi à donner à ses alliés plusieurs autres preuves de sa reconnaissance et de sa justice» qui y au reste, ne coûtaient rien à son gouvernement. L'impartialité est le premier devoir de l'historien; nous nous croyons donc forcé de faire ici un aveu peu honorable pour les souverams protestants de l'Allemagne. Tout en parlant sans cesse de la justice de leur cause et de la pureté de leur zèle, la plupart de leurs actions étaient inspirées par l'intérêt et par les haines personnelles; et la crainte de se voir enlever leurs États et leurs privilèges avait beaucoup moins de part: à leurs opérations guerrières que le désir d'anéantir les privilèges et de s'approprier les États de leurs voisins. Gustave-Adolphe s'était aperçu de ces dispositions peu patriotiques, et les avait utilisées. Chacun de ses alliés allemands devait recevoir une ou plusieurs des provinces allemandes déjà conquises ou à conquérir. La mort l'empêcha de réaliser cette promesse.»

Ce que le roi avait fait par politique, le chancelier le fit par nécessité; c'est ainsi que le landgrave de Hesse- Cassel obtint, à titre de fief de la couronne de Suède, les abbayes de Paderborh, de Gorvey, de Munster et de Faldes; le duc Bernard de Weimar devait recevoir, aux mêmes conditions , tous les archevêchés et évéchés de. la Franconie, et le duc de Wurtemberg, tous les biens ecclésiastiques et les comtés autrichiens enclavés dans ses JËtats. En partageant ainsi les dépouilles des souverains allemands à d'autres souverains de la n^me nation^^Oxenstiern ne put maîtriser Tindignationque lui causait la lâche cupidité de ses aUiés.

c Qu*on dépose ces documents dans nos archives, dttc il aux siens ; je veux qults apprennent à la ^stérité c la plus recula que les princes de TEmpire n ont pas « eu honte de demander de pareilles choses à un gentilft homme suédois, et que ce gentilhomme suédois était c assez puissant pour accorder de pareilles choses, sur « le territoire allemand, à des souverains allemands* ■

Immédiatement après la victoire de Lutzen, les troupes de la Saxe et de Lunebourg s'étaient jointes aux Suédois, et les Impériaux avaient été chassés de toute la Saxe en fort peu de temps par cette armée réunie. D*aprcs les nouvelles dispositions du parti protestant, il lui devint indispensable de porter ses forces sur différents points; les Saxons se dirigèrent donc vers la Lusace et la Silésie , où le comte de Thurn devait diriger letirs opérations contre l'Autriche. Une partie des troupes suédoises, commandée par le duc Bernard de Weimar, retourna en Franconie, et le duc Geoi^es de Brunswick conduisit l'autre dans la basse Saxe el eo Westphalie.

Lorsque Gustave-Adolphe s'était vu forcé de quitter les bords du Danube et du Lech pour marcher au secours de la* Saxe, il avait confié la défense de ces pertes importants au comte palatin de Birkenfeld et au général suédois Banner; mais ces deux chefs, harcelés par les Bavarois, et surtout par le général impérial Altringer, s'étaient bientôt vus réduits à demander des renforts; et le général Horn, quoique occupé en Alsace, s^eoipressa de venir à leur secours. Ces troupes réunies se montaient à plus de seize mille hommes, et cependant elles ne purent empêcher l'ennemi de prendre pied sur les frontières de la Souabe, de s'emparer de la ville de Kempten, et de recevoir de Bohême un renfort de sejpl régiments.

Pour conserver, après cçs revers» les conquêtes faites

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