LIVRE QUATRIÈME
des relations avec les diiïérents cantons de cette république. Lft ville de Kostnitz lui parut propre à remplir ce but, et il se disposa à l'assiéger. N*ayant pas avec lui d'artillerie de siège, il fut obligé d*en faire venir de Wurtemberg, ce qui donna le temps aux Impériaux de secourir Kostnitz, qui avait en outre l'avantage de s'approvisionner facilement du côté du lac. Après quelques tentatives inutiles, le général Horn quitta cette contrée pour se rendre sur lès bords du Danube, où l'appelait un péril inattendu.
Cédant aux instantes prièies de l'empereur, le cardinal infant, frère de Philippe IV, et gouverneur de Milan, avait levé une armée de quatorze mille hommes, entièrement indépendante de Wallenstein, et qui devait défendre les intérêts de l'Autriche sur les bords du Rhin et protéger l'Alsace. Celle armée, commandée par le duc de Feria, général espagnol, venait d'entrer en Bavière. Voulant l'y utiliser à l'instant contre les Suédois, Ferdinand viola pour la première fois ouvertement l'engagement qu'il avait pris avec Wallenstein, et par lequel il s'était interdit tout acte d'autorité concernant l'armée; car il ordonna au général Altringer de se joindre aux Italiens avec toutes les troupes placées sous son comman dament.
Instruit de ces dispositions, le général Horn rappela le comte palatin Birkenfeld des bords du Rhin, où il était en station ; les deux armées firent leur jonction à Stockach, et s'avancèrent hardiment au-devant de l'ennemi. Celuici, fort de plus de trente mille hommes, avait déjà passé^ le Danube, et en traversant la Souabe il était si près des Suédois qui l'attendaient pour lui offrir la bataille, que les deux armées se trouvaient à peine séparées par ans demiJieue. Le duc de Feria cependant oonlinua sa marche» passa par les Waldstetten, et en Ira dans le Brisgau et dans l'Alsace, où il arriva assez tôt pour faire
lever le siège de Brissac, et arrêter le cours des vieloires du rhingrave Olhon-Louis, qui, secondé parle comte palatin de Birkenfeld, avait fait la conquête des Waldstetten, soumis le bas Palatinat et battu ieducde Lorraine.
Forcé de céder à la supériorité numérique de rennemi qui vint le surprendre, le rhingrave s'en vengea bient^; car, avec les renforts que les généraux Horn et Birkenfeld ne tardèrent pas à lui amener, il reconquit l'Alsatt et reprit tous ses avantages. Pendant leur retraite, les Italiens furent surpris par les premiers frojds de l'hiver, qui causèrent tant de ravages parmi eux, qu'ils périreal presque tous ; et leur général, le duc de Feria, fut tellement affligé du mauvais succès de sa campagne, qu'il eo mourut de chagrin.
De son côté, le duc Bernard de Weimar, à la tète de dix-huit régiments d'infanterie et de cent quarante cavaliers porte-enseignes, avait pris sur les bords dn Danube une position d'où il pouvait protéger la Franconie, et observer tous les mouvements des Autrichiens. Ausa s'était-il empressé de profiter de la faute que le général Altringer avait commise, en quittant son camp poiiraller au-devant des Italiens. N'ayant plus rien à redouter de son adversaire, il avait aussitôt passé le Danube, et s'était avancé jusque sous les murs de Ratisbonne.
Le général Tilly et Gustave-Adolphe avaient lousdem senti l'importance de cette ville ; car le premier, à son lit de mort, avait recommandé à son souverain de » conserver à tout prix, et le second avait toujours regret** de n'avoir pu s'en emparer. En apprenant que le ducBer lard s'apprêtait à l'assiéger, Maximilien fut saisi d'à»» vive terreur. Quinze compagnies nouvellement recruta composaient toute la garnison de cette ville, et safr saient à peine pour maintenir ses habitants, qui voyaifiol dans les Bavarois les ennemis de leur religion et de leui*
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franchises. La présence du duc Bernard sous leurs murs leur causa une joie prête à éclater en révolte ouverte, et qui né pouvait manquer de faciliter à ce général la reddition de la place.
Dans cette extrémité, Télecteur demanda un renfort de quinze mille hommes , que l'empereur lui accorda sans difficultés. A cet effet, la cour de Vienne expédia successivement sept courriers au duc de Friedland, qui promit d'envoyer sans délai les troupes demandées , et écrivit à rélecteur de Bavière pour l'avertir que le général Gallas venait de se mettre en route avec un corps d'armée de douze mille hommes. Ce général reçut en ciïet l'ordre officiel de marcher sur le Danube; mais Wallenstein lui expédia en même temps une dépêche secrète , par laquelle il lui défendait de quitter son poste sous peine de mort. .
Plein de confiance dans le secours promis, le commandant de Ratisbonne fit en hâte ses préparatifs de défense. A cet effet, il désarma la bourgeoisie protestante, pour la mettre hors d'état d'empêcher les mouvements de la garnison; fit venir tous les paysans catholiques des environs, et les incorpora dans ses troupes. Le renfort cependant n'arrivait point, et Tartillerie suédoise battit si vivement les remparts déjà endommagés en plusieurs endroits, que la garnison se vit forcée de demanderune capitulation honorable. £lle l'obtint sans peine pour elle, mais à condition d'abandonner les fonctionnaires bavarois et le clergé catholique à la discrétion des vainqueurs.
La prise de Ratisbonne donna un nouvel essor à l'esprit actif du duc Bernard, et bientôt la Bavière lui parut un cercle trop étroit pour renfermer ses projets audacieux* Résolu de pénétrer jusqu'au sein de l'Autriche, où il espérait «oulever contre l'empereur les populations protestantes, il confia à un général suédois le soin d'a-
chever la soumission des rives sepienlrionalcs da Danube, et s'avança sur les frontières de rÂutriclie. Bravant avec ses intrépides Suédois les rigueurs delà saison, il prit la ville de Straubingen, et passa la rivière de Tlsar presque sous les yeux du général bavarois de Werlh, Frappés de terreur, Passau et Lintz s'apprêtaient à ouyr'w leurs portés aux premières sommations de l'ennemi, et l'empereur redoubla ses prières et ses oodres pour décider Wallenstein à venir au secours de la Bavière et de l'Autriche.
Heureusement pour Ferdinand, le duc Bernard mit lui-même un terme à ses conquêtes. Au point où il s'était avancé, il avait devant lui la rivière de l'Inn, défendue par une foule de châteaux forts, et derrière lui deux armées ennemies, des populations hostiles, et la rivière de risar, sur laquelle il ne possédait aucun point fortifié. Le sol, gelé à une profondeur considérable, ne lid permettait pas d'élever des retranchements, et Tarmêe de Wallenstein , qui venait enfin de faire un mouvemeDl vers le Danube, achevait de rendre sa position très-pèrilleuse. Aussi se décida-t-il à une prompte retraite.
Après avoir passé l'Isar et le Danube, il s*arrèta dais le haut Palatinat, bien décidé à empêcher WallensteÎD d'y pénétrer, lors même qu'il faudrait en venir à uae bataille rangée. Mais le généralissime autrichien n'avait jamais eu l'intention de défendre la Bavière, et il quitta ce pays pour retourner en Bohême, Son départ permit au duc Bernard de terminer la campagne q[â avait été si glorieuse pour lui, et de laisser reposer ses troupes dans les quartiers d'hiver qu'il leur assigna dae les provinces conquises.
Pendant que le général Hom, le comte palatin àt Birkenfeld, le général Baudissen, le rhingrave Otboa- Louis, et le duc Bernard de Weimar, continuaieni b guerre avec tant de bonheur sur les bords du Rhin é
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