LIVRE QUATRIÈME
du Danube, la gloire des armes suédoises avait été soutenue avec non moins de succès dans la basse Saxe et en Westphalie, par le duc George de Lunebourg et le landgrave^de Hesse-Cassel. Le duc George s'était emparé de la forteresse de Hameln, et le général impérial deGronsfel, qui commandait sur les rives du Weser, avait été mis dans une déroute complète, près d'Oldendorf, par les troupes réunies de la Suède et de la Hesse.
Le comte de Wasabourg, fils naturel de Gustave- Adolphe, s'était montré digne de son origine à cette bataille, qui avait coûté aux Impériaux plus de trois mille morts, presque autant de prisonniers, seize canons, tous les fourgons et les bagages, et soixante-quatorze drapeaux ou étendards. Bientôt après , le colonel suédois Kniephausen s'était enrparé d'Osnabruck, et le landgrave de Hesse-Cassel avait forcé Paderborn à capituler. Au milieu de tous ces triomphes, les Suédois n'avaient perdu que Puckeburg, place assez importante, EnGn, durant la première année qui suivit la mort de Gustave-Adolphe, la gloire de la Suède resta intacte.
En récapitulant les faits les plus remarquables de la^ campagne de 1633, on a lieu de s'étonner du rôle insignifiant qu'y joue volontairement, Thomme dont l'Europe suivait chaque^ mouvement avec une attente inquiète. Wallenstein était à juste titre le plus grand capitaine de son époque, et c'est précisément lui qu'on perd entièrement de vue. La mort de Gustave-Adolphe l'avait pour ainsi dire rendu Tunique maître du vaste domaine de la gloire, et l'on s'était attendu à le voir effacer sa défaite de Lutzen par des victoires éclatantes. Mais, au lieu de justifier ces espérances, il resta inactif et spectateur tranquille de la défaite des troupes impériales en Bavière, dans la basse Saxe et sur le Rhin. Par cette cc-^duite, il était devenu une énigme impénétrable pour ses amis comme pour ses ennemis, et Ferdinand
voyait toujours en lui un objet de terreur, et en mfane temps le plus puissant et le dernier >appui de son trAne chancelant.
Immédiatement après la bataille de Lutzen, il s*était retiré en Bohème, où il avait ordonné une enquête pour examiner la conduite des officiers pendant cette bataille. I^ conseil de guerre avait puni de mort tous ceux qui avaient été reconnus coupables de lâcheté; le duc de Friedland s'était réservé pour lui-même la tâche de récompenser royalement les officiers et même les soldats qui avaient donné dés preuves de talent, de courage et de dévouement, et il avait fait élever des monuments superbes à la mémoire des moi*ts tombés avec honneur. Au lieu de choisir des quartiers d'hiver pour son armée en pays conquis, il s'était établi dans les provinces an* trichienues, qu'il semblait avoir pris à tâche d'épuiser, non-seulement en leur imposant ce fardeau, mais en ks surchargeant de contributions extraordinaires. Enfin, loin d'ouvrir le premier la campagne de 1633 et de se montrer dans tout Téclat de sa grandeur, il avait été un des derniers à se mettre en mouvement, et avait choisi pour théâtre de la guerre le territoire autrichien.
Parmi toutes les provinces héréditaires de l'empereur, la Silésie était la plus malheureuse. Assaillie par trois armées ; celle de la Suède commandée parle comte de Thurn, celle de la Saxe commandée par le maréchal d'Arnheim et le duc de Lauenbourg, et celle du Brandebourg sous les ordres du général Borgsdorf , la Silésie s'était vue enlever par les chefs de ces armées presque toutes ses places fortes, et la capitale elle-mèaie avait embrassé la cause des alliés. Ce beau pays eût été à jamais perdu pour l'Autriche, si les haines nationales et les jalousies des généraux leur avaient pernûs d^agir de concert.
Mais d'Arnheim et le comte de Thurn perdaient leur