LIVRE QUATRIÈME
temps à se disputer le commandement en chef, tandis que les Saxons et les Brandebourgeois ne voyaient dans les troupes suédoises que des étrangers importuns, qu'ils prenaient à tâche dé contrecarrer et d'humilier ; les ' Saxons surtout témoignaient ouvertement leur préférence pour les Impériaux. Les officiers de ces deux camps ennemis se rendaient des visita et se donnaient des fêtes; les partisans de l'empereur se trouvaient toujours avertis de la reprise des hostilités, assez tôt pour en évitei' le danger, et plus d'un officier avouait, sans scrupule, que des avis de cette nature lui avaient été fort généreusement payés par la cour de Vienne.
D'Amheim ne pouvait réprimer ces trahisons, car il avait abandonné son armée pour aller auprès de son souverain défendre d'autres intérêts, et il ne reparut en Silésie qu'au moment où Wallenstein passa la frontière de ce pays à la tête de quarante mille hommes. Les forces réunies des alliés ne se montaient qu'à vingt-quatre mîHe combattants, au plus; cette infériorité ne les empêcha pas de chercher à consolider leurs conquêtes par une bataille, et ils s'étaient avancés à cet effet jusqu'à Munsterberg, où les Impériaux avaient établi leur camp. Wallenstein resta pendant huit jours immobile derrière ses retranchements, puis il sortit tout à coup, et défila avec une fierté insultante devant les allés, qui le suivirent pendant longtemps, mais en vain; car il était décidé à refuser le combat qu'ils s'obstinaient à lui offrir. Leur vanité attribua cette conduite à la peur; mais cette accusation tomba d'elle-même.
Il était facile de voir que, dans cette circonstance, le duc de Friedland se jouait de l'humeur belliqueuse des alliés, et qu'il voulait leur faire grâce d'une défaite totale, parce qu'elle eût été inutile au grand projet qui l'occupait exclusivement. Pour leur prouver cependant que s'il restait dans l'inacUiâi, ce n'était pas parce qu'il
les redoutait , il fit fusiller lé commandant d'une forteresse dont il s'était emparé, uniquement parce que cet ofiBcier ne lui avait pas rendu la place à sa première sommation.
Depuis huit jours déjà, Tarmée impériale et celle des aWtfSs stationnaient à une portée de fusil de distaoce Tune de l'autre, lorsque le comte de Terzky sortit da camp de Wallenstein, précédé d'un trompette, et demanda à parler au général d'Âmheîm, à qui il proposa une trêve de six semaines au nom du duc de Frïedland, qui , étant le plus fort , n'en avait nullement besoin. Terzky n'hésita pas à donner l'explication de cette cooduite extraordinaire :
c Le but de ma mission, dit-il, ne se borne pas à une c suspension d'armes-Je suis venu pour conclure une « paix étemelle avec les Suédois et avec tous les princes « de l'Empire, pour payer l'arriéré de vos troapes fi c pour rendre justice à tout le monde; car le duc de c Friedland est le maître de réaliser les promesses que t je vous fais en son nom. Si l'on refusait à Vienne de c ratifier le traité qu'il veut conclure avec vous, fl « embrasserait ouvertement votre cause, et enverrait c Tempereur à tous les diables. »
En prononçant cette dernière phrase, il baissa cepoh dant la voix de manière à n'élre entendu que par d'Âniheim. Dans un second entretien qu'il eut avec le comte de Thum, il s'expliqua plus ouvertement encore :
a La Bohême n'a qu'à le vouloir, lui dit-il, et la Boc hême recouvrera tous ses anciens privilèges ; et ses c nobles défenseurs, proscrits aujourd'hui, rentreront c dans leur patrie et dans la possession de leurs doc maines; le duc sera le premier à leur rendre la part c que l'empereur lui avait faite dans le partage de ces
< domaines si injustement confisqués ; les jésuites, qui
< par leurs criminelles inti^îgues ont dlumé cette kHi-