LARE QUATRIÈME
« gue guerre qu'ils voudraient rendre éternelle, seront c chassés du royaume; les Suédois recevront à des c époques déterminées des indemnités qui les dédorac mageront amplement de tous leurs sacriflces; et pour <c occuper les soldats de tous les partis que la paix renc dra inutiles, on les conduira contre les Turcs ; en un c mot, si Wallenstein devient roi de Bohème, les con- « damnés politiques éprouveront les effets de sa génépi rosité illimitée. Le pays jouira de toutes les libertés « civiles et religieuses possibles; la maison du Palatinat € rentrera dans tous ses droits, et le Mecklembourg « sera pacifié, car le duc renoncera à ce duché, si on c lui donne la Moravie en échange. Que les alliés signent c ce traité, lui-même se charge de le faire ratifier par c Ferdinand H; car, s'il le fallait, il l'y contraindrait < les armes à la main. »
Ces dernières propositions déchirèrent enfin le voile mystérieux dont Wallenstein avait depuis tant d'années enveloppé ses projets, et la situation des affaires était telle, qu'il ne pouvait plus tarder à les réaliser*
Une confiance aveugle dans le génie du duc de Friedland avait pu seule donner à l'empereur la fermeté nécessaire pour confier le commapdement de ses armées à un général que TEspagne et la Bavière repoussaient, et dont il avait été obligé d'acheter les services aux dépens de sa propre autorité. La longue inaction de ce général et surtout sa défaite à Lutzen , avaient ébranlé cette confiance, et ses ennemis osèrent l'accuser de nouveau. Ils rappelèrent adroitement à Ferdinand, si jaloux d'un pouvoir dont il ne savait pas faire un digne usage, que, dans les plus graves circonstances même, Wallenstein s'était fait un jeu de braver ses ordres; et, avec toutes Jes apparences d'un patriotisme désintéressé , ils appuyèrent les plaintes des sujets autrichiens , que le généralissime réduisait, sans aucune nécessité, à sup-
356 aiSTOIRE DE LA GUERRE DE TRENTE ANS.
porter une part énorme dans les frais de la guerre.
Ces insinuations produisirent d'autant plus d'effet sur l'esprit de l'empereur, que chaque démarche du duc de Friediand semblait les justifier. Mais le pouvoir sans bornes dont il avait eu Timprudence de le revèUr le rendait si puissant , qu'on ne pouvait rien contre lui avant d'avoir diminué ce pouvoir, entreprise que le traité fait entre l'empereur et son généralissime rendait presque impossible.
En donnant à la lettre de ce traité un sens forcé, l'autorité du duc de Friediand ne s'étendait que sur les armées allemandes, et devenait nulle à l'égard d» armées étrangères qui voudraient défendre la cause de l'Autriche. Ce fut à l'aide d'une pareille subtilité que l'empereur lui enleva le commaQdement des troapes italiennes amenées en Allemagne par le général espagnol duc de Feria.
Averti par cette démarche imprudente qu'il avait cessé d'être indispensable, et que Ferdinand cherchait à s'assurer un autre appui dont , en cas de besoin , il pourrait se servir contre lui, Wallenstein se plaignit en vain de cette infraction à son traité, et finit par travailler lui*même à la destruction de l'armée italienne, en refusant de secourir la Bavière. A la même époque, il éloigna de son armée tous les officiers suspects, et récompensa généreusement ceux dont la fidélité était à l'abri de tout soupçon. Telle est l'inconséquence de bt nature humaine, qu'il fondait l'édifice de sa grandeur sur la reconnaissance des hommes qui lui devaient leur fortune, et cela au moment même où il était sur le point de donner à Fauteur de sa fortune à lui une preuve de la plus noire ingratitude.
Les chefs de l'armée alliée qui occupait la Silésîe n'a» vaient pas de pouvoirs assez étendus pour accepter oq refuser Joa olîres aussi importantes que celles que le