‹ Poésies de SchillerChapitre 219 sur 258 · LIVRE QUATRIÈaiR · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈaiR

obtenir, s*il ne s'était pas vu contraint d'aller au secours . des États autrichiens, sérieusement menacés par le duc Bernard de Weimar.

La retraite de ce général lui permit de revenir promptement en Bohême, sous prétexte que les Suédois méditaient une attaque contre ce pays du côté de la Lusace. En vain l'empereur le rappela sur les rives du Danube pour empêcher le duc de Weimar dé s'y établir; il resta immobile, en assurant que, de tous les États héréditaires, la Bohême était celui qu'il lui im« portait le plus de garantir d'une invasion étrangère. Il veilla en effet sur ce royaume comme s*il en eût déjà été le souverain , et y établit ses quartiers d'hiver. Ce fut ainsi qu'il termina le premier, de la manière la plus inattendue et la moins favorable pour Tempereur, la campagne de 1633.

Depuis longtemps des bruits fâcheux circulaient par toute TAIlemagne sur le compte du duc de Friedknd, qui, par sa conduite inexplicable, finit par leur donner de là consistance. Pour s'assurer jusqu'à quel point ces bruits pouvaient être fondés, Ferdinand envoya des agents secrets au camp du généralissime; mais leur adresse échoua contre la prudence de Wallenstein,etils ne rapportèrent à la cour de Vienne que des renseignements vagues et confus. Cependant les ministres , qu'il avait eu l'imprudence de blesser en surchargeant leurs domaines de contributions de guerre, se déclarèrent ouvertement contre lui; l'électeur de Bavière menaça de s'allier avec la Suède, et TËspagne déclara qu'elle ne fournirait plus ni homines ni argent si Wallenstein re^ tait à la tête des troupes impériales.

Vaincu par tant de considérations puissantes, l'empereur promit dé révoquer une seconde fois son généralissime y et préluda à cet acte hardi en prenant la érection des mouvements de Tarmée. Un des généraux

SI

^,„sDB LA GUEIVRE DE TRENTE ANS.

^ de frieàX^Vià. , à qui il avait défendu sous peine

àf> ^ j'obéir à la cour de Vienne, reçut de f einpe-

^\ir lai-même Tordre de se joindre à l'électeur de Ba-

vière, et une autre dépêche impériale somma Wallens-

teia d'envoyer des renforts à ce prince. SufGsamment

averti, par toutes ces mesures, que Ton avait décidé sa

ruine, il se crut obligé , par le plus sacré des droits,

, celui de la défende personnelle, de réaliser des projets

que l'ambition seule lui avait suggérés d'abord , et qui sans cette circonstance ne seraient peut-(&tre jamais sortis du domaine des rêveries. Il en avait toujours retardé l'exécution , et lorsque ses amis lui demandaient la cause de ses lenteurs, il répondait que la conslellation favorable à une telle entreprise n'était pas enaire 1 montée à l'horizon, ou que le temps n était pas venu.

, Ce temps en effet n'était pas venu, mais sa position ne

lui permettait plus de l'attendre. Avant tout cependiot

il fallait s'assurer du concours des chefs de l'armée et

de la soumission des soldais, deux points encore dou-

I teux, malgré l'assurance qu'il affectait à cet égard. Xes

j colonels Kinsky, Terzky et Illo, seuls, étaient depuis

longtemps les dépositaires de ses projets, et il pouvait

compter sur leur dévouement sans bornes. Les deux

premiers lui étaient attachés par les liens de la parenté;

! pour gagner le colonel Illo, il n'avait pas eu honte de

recourir à nne basse intrigue; car» après l'avoir engagé à demander le titre de comte, il écrivit secrètement au cabinet impérial pour lui dire de refuser cette ' faveur» parce qu'il y avait à l'armée beaucoup d'ofli-

[ ciers d'un mérite égal à celui de ce colonel, qui se croi-

raient autorisés à réclamer la même récompense. En j apprenant à lUo le rejet de sa demande, il éclata en

plaintes amères contre l'empereur :

j « Voilà donc comment Ferdinand, reconnaît nos

€ loyaux services ! s'écria-t-il ; jamais je n'aurais pensé

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c quMl oserait refuser à ma recommandation et à votre c mcrile une aussi modique récompense. Serve désorc mais qui voudra ce maître. ingrat, moi je sois dès ce c moment Fennemi irréconciliable de la maison d'Âuc triche ! »

Enhardi par ce discours, lllo exhala à son tour son mécontentement, et devint aussitôt le complice et Tinttrument des secrets desseins de son général.

Pour travailler ouvertement à leur exécution, il fallait dans l'armée un appui plus nombreux et surtout plus influent. Dans cette conviction , Wallenstein s'adressa d'abord au comte Piccolominî, qu'il préférait à tous ses autres généraux, parce qu'il était né sous la même constellation que lui.

c L'ingratitude de Ferdinand, lui dit-il, et le nouvel c affront qu'il me prépare, m'ont irrévocablement déc cidé à abandonner la maison d'Autriche; d'accord c avec ses ennemis, je l'attaquerai sur tous les points, c jusqu'à ce qu'elle soit tombée pour ne plus jamais se c relever. J'ai compté sur votre concours , et je vous c destine des dignités et des richesses qui surpasseront c tout ce que vous pouvez espérer de ma reconnaissance . c et de ma générosité. «

Saisi d'eflroi à celte confidence inattendue, Piccolomini balbutia quelques observations sur les difficultés et les dangers d'une pareille tentative; Wallenstein se moqua de sa timidité.

< Allons donc! lui dit-il, dans les entreprises téméc raires, les commencements seuls sont difficiles. Ras- < surez-vous, les astres nous sont favorables ; et puis « ne faut*il pas donner quelque chose au hasard ï Ma « résolution est prise, et, s'il le fallait, je tenterais la « fortune seul avec un millier de mes cavaliers. »

Craignant d'éveiller les soupçons du duc par une plus longue résistance, Piccolomini promit de le secon

der de tout son pouvoir, et il sut lui inspirer une confiance si aveugle, que, malgré les averlissements téilérés du comte Terzky, il ne voulut jamais douter de la fidélité de ce général, qui, à peine devenu son confident, s'était hâté d'instruire la cour de Vienne de tout ce qu'il venait d'apprendre.

J.'empereur avait ordonné à Wallenstein do quitter ses quartiers d'hiver dans les États héréditaires de l'Autriche, de reprendre Ratisbonne, malgré les rigueurs de la saison, et d'envoyer six mille cavaliers au secours de la Bavière. Ces prétentions étaient assez exagérées pour être soumises à Texamen des chefs de l'armée; aussi le duc de Friedland saisit-il ce prétçxte i)our les réunir tous à Pilsen, dans une assemblée générale qu'il fixa au mois de janvier 1634. Il invita eii même temps la Saxe et la Suède à lui envoyer des agents secrets dans cette ville pour arrêter les clauses d'un traité d'alliance. Vingt généraux se rendirent à Pilsen; mais les plus influents de tous, Gallas, Kolloredo et Altringer, ne parurent point. Wallenstein leur réitéra son invitation d'un ton plus impérieux, et chercha, en attendant leur arrivée, à disposer les esprits à la révélation la plus téméraire et la plus dangereuse que jamais le dief d'une arm^ ait pu faire à ses subordonnés. Il s'agissait de proposer une basse trahison à une noblesse aussi fière de ses privilèges que dévouée à son souverain légitime. Le chef dans lequel elle avait respecté jusque-là le représenlanl de la majesté impériale, le gardieades lois, le jnge des actions et des hauts faits de cette noblesse, allait tout a coup se dépouiller de ce caractère inviolable, pour rfèlrf plus qu'un rebelle, abusant de son autorité jusqu'à chercher à entraîner dans son crime les hommes qu'il était chargé de conduire sur le chemin de Thonnenr. La puissance que le duc de Friedland voulait reaverser avait été cimentée par les siècles et s'appuyait

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sur la religion et sur les lois. Atlaqucr ces gardiens magiques que r imagination et Thabitude placent au pied des trônes, et vouloir arracher du cœur des sujets le respect aveugle que ces gardiens y ont gravé, sera toujours une des entreprises les ^lus dangereuses que puisse tenter Tambition humaine; mais Téclat d*une couronne avait tellement fasciné Wallenstein , qu'il ne vit point Tabime qu^il creusait sous ses pas ; et comme il arrive à tous \eÉ caractères ardents et audacieux, la confiance en sa force Tempêcha de voir les obstacles 'qu'elle pourrait rencontrer.

Prenant les injures grossières qu'ime soldatesque brutale se permettait contre l'empereur/ et qu'excusait la licence des camps, pour les véritables sentiments de l'armée, il en conclut qu'elle trahirait sans scrupule le souverain dont elle blâmait hautement, la conduite et injuriait le caractère. Accoutumé à être aveuglément obéi et bassement flatté, il ne )X>uvait supposer la possibilité de rencontrer un obstacle dans le dévouement des troupes pous un autre que pour lui. Jamais persohne n'avait osé lui dire qu'on ne lu! obéissait ainsi que parce que son pouvoir émanait du trône ; que ta puissance par elle-mcmc peut inspirer l'admiration et la crainte, mais que la puissance légale seule a le droit d'imposer le respect et la soumission.

Le général Ulo s'était chargé de sonder les intentions de ses collègues, et de les décider à la démarche dangereuse que Wallenstein attendait de leur dévouement. Avant d'aborder ce point délicat, il leur fit connaître les exigences de la cour de Vienne, qui, au point de vue exagéré sous lequel il les présentai, enflammèrent la colère de tous les officiers supérieurs. Après les avoir ainsi irrités, il s'étendit longuement et avec une éloquence chaleureuse sur le mérite des troupes et de leurs chefs^ et sur l'ingratitude de Tempereur.

« Mais comment pourrait-il en être autrement? con« tinua-t-il; c'est TEspagne qui gouverne à Vienne; le ministère lui est vendu, et Ferdinand lui-même tremble devant cette puissance. Wallenstein seul a osé résister à cette tyrannie honteuse; aussi s*est41 attiré sa haine qui ne cessera de le ])oursuivre que lorsqu'elle lui aura une seconde fois enlevé le commandement de Tarmée dont la gloire et la valeur excitent Tenvie et la teiTeur de ce cabinet. C*est pour affaiblir ^8^ mée qu'on veut envoyer six mille hommes en BaTière; c'est pour l'anéantir qu'on exigé qu'elle aille reprendre Ratisbonné au milieu des neiges et des glices de l'hiver; c'est pour la déshonorer qu'on veut mettre à sa tète le roi de Hongrie, ce jouet de l'étranger, qui la fera errer au hasard à travers TAllemagne, jusqu'à ce que les Espagnols y aient élabG leur toute-puissance. En attendant, on la laisse manquer de tout, et les ministres et les jésuites se partagent les sommes destinées à son entrelien. Le généralissime ne peut plus rien pour nous; il sera forcé de nous abandonner comme l'empereur l'a abandonné lui-même. Pour prix de vingt-deux années de glorieux services, de fatigues et.de périls, et en échange des sommes immenses qu'il a sacrifiées à l'État, on lui prépare une destitution honteuse. Mais il n'attendra pas ce nouvel affront ; ce pouvoir qu'on veut lui enlever, il le dépose de son plein gré; voilà ce qu'il m'a chargé de vous dire. Que chacun de nous se demande maintenant ce qu'il deviendra après la perte d'un pareil général? Qui nous rendra l'argent avancé dans l'intérêt du service? qui nous récompensera des fatigues que nous avons supportées, des périls que nous avons bravés, quand il ne sera plus

ft là celui qui fut le témoin et Tunique appréciateur de

% notre conduite? »

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Un cri unanime, qiril ne fallait pas laisser partir Walleflstein, interrompit Torateur, et quatre généraux reçurent /a mission de se rendre près de lui pour le supplier humblement de ne pas abandooner Tarmée. Le duc résista à leurs instances, et ne se rendit que lorsqu*on lui eut envoyé une seconde députatioii. Charmés de sa condescendance à leurs désirs, ils s'estimèrent heureux de pouvoir à l'instant même lui donner un éclatant témoignage de dévouement. En leur promettant de ne jamais quitter le. service sans leur consentement, il avait exigé en échange une déclaration écrite, par laquelle ils s'engageaient à lui être toujours fldèles, et à ne quitter son drapeau que dans le cas où il les congédierait lui-même, quels que fussent les ordres que tout autre que lui pourrait leur donner à ce sujet.

D'après cette même déclaration , celui qui la violait se déclarait coupable de perfidie et de trahison, et devenait justiciable des membres restés fidèles. La phrase : Tant que le généralissime fera servir l'armée pour, le bien et Vhonneur de V empereur^ qui terminait cette déclaration, éloignait toute espèce de soupçon, et pas un des généraux ne crut trahir son maître légitime en signant un acte qui lui conservait le meilleur de ses généraux.

La lecture de cet acte se fit à la suite d'un grand repas que le général Illo avait fait préparer à cette occasion, et pendant lequel il ne négligea rien pour troubler la raison de ses convives par des boissons spiritueuses. La plupart griffonnèrent 4eur signature sans savoir ce qu'ils faisaient; quelques-uns seulement, plus curieux ou plus défiants, le parcoururent des yeux, et s'aperçurent que la phrase qui seule empêchait ce pacte d'être une rébellion ouverte contre Tempereur, avait été supprimée. Illo avait en effet substitué, avec l'adresse d*un escamoteur, à la pièce qui contenait cette phrase^

une copie où elle avait élé volontairement omise. Picco* lomini, qui assistait à cette réunion afin de pouvoir mieux en rendre compte à la cour, troublé par les fumées du vin, oublia la prudence nécessaire à son rôle, et porta un toast à Tempereur. Au même instant le comte Terzky se leva indigné, et déclara tnrânoe quiconque oserait reculer. Ces menaces, et surtout Téloquence d'IUo, triomphèrent des scrupules et des hésita* tiens, et tous les convives signèrent Tacte qui les liait à Wallenstein,

Le duc de Friedland avait atteint son but; mais Topposition inattendue de quelques généraux lui Ct comprendre enfin qu'il s'était fait illusion sur TobéissaDce passive de l'armée. Une autre circonstance augmentait encore ses inquiétudes : la plupart des signatures étaient tellement illisibles, qu'on pouvait les renier sans danger ; mais ce revers, au lieu de lui présager tous ceux que l'avenir lui réservait, ne servit qu'à iiriter son orgueil. Faisant appeler tous les généraux, il leur répêU lui-même ce qu'lllo leur avait dit la veille, les accabla de reproches, et déclara qu'après la preuve d'ingratitude, de défiance et dUnsubordination qu'ils venaient de lui donner, il regardait comme nul l'engagement qu'il avait pris avec eux de conserver le conunandement de l'armée,. et que tout ce qui s'était passé à cet effet devait être regardé comme non avenu. Les généraux se retirèrent muets d'eiïroi; mais, après une courte détibération, ils retournèrent dans Tappartement du duc, s'excusèrent humblement de l'événement de la Tellkv l'attribuèrent aux fréquentes libations qui avaient jeté le désordre dans leur esprit, et signèrent avec connaissance de cause et d'une manière très-lisible une nouvelle copie de l'acte que, dans sa colère, Wallenstein vernît de déchirer.

Pendant ce temps, les généraux absents avaient repi

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l'ordre d'arriver sans délai, et toutes les mesures étaient prises pour s'emparer de leurs personnes s'ils refusaient de sanctionner par leur signature la conduite de leurs collègues. Accoutumés à obéir sans observation, ils s'étaient mis en route; mais, à quelque distance de Pilsen, ils apprirent une partie de ce qui venait de se passer dans cette ville. A cette nouvelle, qui les remplit d'inquiétude et de crainte, Altringer prétexta une maladie subite, et s'enferma dans la citadelle de Frauenbourg; Gallas, plus entrepi*enant et plus déterminé, rejoignit Wallenslein pour s'assurer de la vérité des accusations qui pesaient sur lui, aOn d'en informer le goirverncment. Les déï)êches qu'il ne larda pas à expédier à la cour, d'accord avec Piccolomini, éclairùrenl l'empercurs sur l'imminence du danger dont il était menacé, et le décidèrent à y porter un prompt remède.

Pour observer autant que possible les formes de la justice, Ferdinand II ordonna aux* dénonciateurs de s'emparer de Wallenstein ainsi que de ses deux complices principaux , lllo et Tcrzky, et de les envoyer à Vienne pour y être entendus avant de prononcer leur condamnation. 11 ajouta cependant que, dans l'intérêt de la sûreté de l'État, il fallait les saisir morts ou vifs, dans le cas où une arrestation légale deviendrait im|K)ssible. Gallas reçut en môme temps une patente ouverte dont le but était d'insiruire l'armée et ses chefs des mesures que Ton venait de prendre, et de les dégager de tout devoir envers l'ancien généralissime. Celte même patente l'investissait de l'autorité illimitée qui avait été conQée à Wallenstein, et assurait une amnistie complète et l'oubli total de leur faute à tous les militaires, quel que fût leur grade, qui la rachèteraient par wi prompt retour au devoir et à l'honneur.

La haute dignité, et surtout la tâche périlleuse que l'on venait de lui confier, mirent le général Gallas dans

un cruel embarras. Placé sous les yeux d'un homme qu*il était chargé de perdre, et sur lequel veillaiem des amis dévoués que les dangers de leur position rendaient soupçonneux, la plus légère indiscrétion pouvait le (aire deviner et lui attirer un^ vengeance horrible. Au reste, comment et par quel moyen pouvait-il s'acquitter d'une mission si périlleuse déjà, quand elle se cachait encore sous le voile du mystère? Les chefs de l'armée s'étaient trop avancés sur le chemin de la rébellion, pour accepter, en échange du sort brillant que leur assurait le triomphe de Wallenstein, une promesse d'amnistie faite par un souverain connu pour violer sa parole sans scrupule, dès qu'il pouvait prétexter des exigences politiqa& ou l'intérêt de la religion.

Et dans le ca<> même où les officiers généraux accepteraient ce pardon, lequel d'entre eux oserait mettre la main sur l'homme que jusque-là ils avaient regardé comme inviolable; qu'entouraient le prestige de la puissance et réclat du trône; sur l'homme enfin dont l'aspect inspirait la terreur, et qui depuis si longtemps disposait à son gré de la destinée de tous! Saisir un pareil ^omme au milieu de ses gardes et d'une ville qui lui paraissait entièrement dévouée; traiter tout à coup comme un criminel ordinaire l'objet d'une si longue et si juste vénération, c'était une de ces tentatives capables de faire reculer le courage le plus intrépide.

N'osant se charger seul de la tâche qu'on lui avait imposée , Gallas voulut s*assurer le concours d'Àltringer, dont il connaissait les véritables sentiments. Feignant de blâmer le peu d'empressement de ce général à se rendre à Pilscn , il offrit à Wallenstein d'aller le chercher à Fruuenbourg, et de l'amener, quel que fût l'éiat de sa santé. Charmé de celte proposition, qti^il piit pour un excès de zèle , le duc de Friedland lui donna

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