‹ Poésies de SchillerChapitre 221 sur 258 · LIVRE QUATRIÈME. 37:j · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. 37:j

se préparèrent à secourir efficacement l'homme qui désormais avait au moinâ autant d^inlcrôt qu'eux-mêmes au renversement de la maison d'Autriche. Le duc François-Albert de Lauenbourg devait lui amener quaire mille Saxons, et six mille Suédois venaient de se mettre en route pour la même destination, sous les ordres du duc Bernard et du comte palatin de Birkenfeld. Pour bâter la réunion de ce double renlort aveo le peu de troupes qui lui étaient reliées fidèles, et surtout pour mettre sa personne à l'abri des atteintes de ses ennemis, il quitta Pilsen pour se rendre à Éger, forteresse située sur les frontières de la Bohême et de la Saxe.

Le projet colossal de détrôner l'empereur l'occupait sans cesse, et, même pendant sa fuite à Éger, il en parlait à tous les siens, et leur communiquait les mesures quil se disposait à prendre, et les espérances qui lui restaient. Quoique mis hors la loi par l'empereur , il croyait n'avoir rien à redouter de cette sentence , puisqu'il pouvait compter sur l'appui de la Saxe et de la Suède, car'il avait la conviction que, dès qtic cet appui serait officiellement coniiu, le général Schafgotsch, qui stationnait en Silésic avec un corps d'armée considérable, >et qui ne s'était pas encore déclaré, viendrait le rejoindre, et que tous les autres généraux et les officiers supérieurs qui l'avaient abandonné s'empresseraient de venir solliciter leur pardon.

Enhardi par la franchise avec laquelle Wallenstein parlait de sa rébellion et des résultats qu'il eu attendait, un homme de sa suite sollicita la permission de lui don» ner quelques avis. Cette permission lui fut accordée, ist il parla avec une assurance que l'on montrait rarement en présence du duc de Friediand :

< En restant fidèle à l'empereur, lui dit cet homme, c Votre Altesse est sûre d'être toujours un haut et puis- « sant seigneur; en passant à l'ennemi, elle ne sera ja-

c mais qu*un roi douteux, et il n*est pas sage de quitter « le certain pour l'incertain. L*ennemi vous servira e& € ce moment, parce qu'il y trouve son intérêt ; mais il « se défiera toujours de vous, car il craindra que tous « ne lui fassiez un jour ce que vous faites roaintenaot à « Ferdinand. Revenez donc sur vos pas, puisque tous « le pouvez encore. »

< Et comment le pourrais-jeT interrompit vivement le

< duc.

€ Votre Altesse a dans ses coflres-forCs quarante mille

< armites *• Âllez-vous-en avec cela tout droit à la cour « impériale , et dites que l'affaire de Pilsen n'était € qu'une épreuve que vous avez voulu faire subir aux c< généraux et aux officiers supérieurs de Parmée , afin € de pouvoir distinguer les sujets fidèles de ceux qui « seraient disposés à trahir leur souverain. Ajouta « qu'ayant reconnu que la plupart penchaient du côté c de la trahison, vous êtes venu dire à Sa Majesté de c se débarrasser des suspects , et de châtier les ooupa- « blés. Par ce moyen , vous désignerez comme traîtres « tous ceux qui ont voulu faire de vous un rebelle , et c vos amis passeront pour des sujets loyaux et dévoués. « Vos quarante mille armites feront le reste, et bt^iiôl c vous redeviendrez l'immortel, le tout-puissant Fried- « landais '•

< Le conseil est bon, répondit Wallenstein après un c moment de réflexion; mais que le diable s'y fie ! »

Pendant que le duc de Friedland, réfugié à Êger, coih sultait les astres, et hâtait la concluàon de ses traités

> Ce mot vent dire armiez nom que Ton donnait, à cette épcMiaCi aux ducats» à cause de l'effigie que portait cette monnaie d*or, iA qui représentait un homme armé de pied en cap.

{NoU du tradudemr.'ï

' C'est par ce nom qne l'armée avait l'babitade de désigner !• dae de Friedland.

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