‹ Poésies de SchillerChapitre 223 sur 258 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

précipitèrent dans là salle aux cris inattendus de : Vive Ferdinand 11 ! et se placèrent derrière les convives le sabre à la main. Soupçonnant enfin une partie de Taffreuse vérité, les amis de Wallenstein se levèrent avec précipitation; Kinsky etTerzky tombèrent baignés dans leur sang; Neamann, qui^au milieu du tumulte s'était échappé de la salle, fut massacré dans la cour par les soldats. Illo seul avait conservé assez de présence d'esprit pouF^ saisir ses armes; réfugié dans Tembrasure d'une fenêtre, il reprocha amèrement à Gordon sa lâche trahison :

« Viens! viens! s'écria-l-il ; sauve du moins l'hon- « neur de ta famille et de ton grade : combattons comme a: il convient à de loyaux chevaliers; que le sort des € armes décide entre nous. »

Au lieu de répondre à ce défi, Gordon excita la fureur de ses agents contre l'infortuné général, qui étendit à ses pieds deux de ses assassins, et après une lutte désespérée tomba enfin percé de dix coups de poignard. Enhardi par ce premier succès, Lesslie, qui craignait un mouvement dans la ville, se hâta de sortir de la citadelle. Au moment où il passa la porte en courant de toutes ses forces, une sentinelle, le prenant pour un des amis de. Wallenstein, fit feu sur lui, mais sans Tatieindre. Le bruit d'une arme à feu jeta l'alarme dans tous les postes, et Lesslie profita de la consternation de la garnison pour lui apprendre qu'une justice mystérieuse venait de frapper les quatre principaux complices de Wallenstein, et qu'un sort semblable était réservé à ce grand criminel. Pas une voix n'osa s'élever contre cette terrible exécution, et Lesslie réussit même à faire prêter aux soldats le serment de le soutenir dans tout ce qui lui restait à faire pour punir les rebelles, et de vivre et de mourir pour la défense de l'empereur. Sûr enfin du concours de la garnison, il fallait réduire à l'inaction et au

silence les habitants de la ville, parmi lesquels Wallenstcin comptait un grand nombre de partisans. A cet effet, on fit descendre de la citadelle cent dragons da régiment de Buttler, avec Tordre de parcourir toutes les rues au galop et d'empêcher les bourgeois de sortir do leurs demeures. De forts détachements d'infanterie gardèrent les portes de la ville et toutes les mes ce»duisant au palais de Wallenstein, afin que personne ne pût ni rinstruire de ce qui venait de se passer, ni lui fournir le moyen de s'échapper.

Malgré ces mesures de précaution, les conjurés bésiiaient encore sur le sort qu'ils destinaient au duc de Friedland, et ils se réunirent à la citadelle pour dédder s'il fallait respecter ou sacrifier sa vie : le traître Tenait de disparaître à leurs yeux pour faire place au grand capitaine, au chef terrible d'une armée formidable que son génie avait créée, que sa puissance faisait vivre et que son héroïsme avait tant de fois conduite à la victoire ; mais ce fantôme évoqué par les dernières étincelles d'un respect instinctif s'évanouit devant l'idée du danger auquel il les exposait. Le souvenir des imprudents discours d'IUo et de Neumann pendant le festin leur montra les Saxons et les Suédois maîtres de la ville d'Éger, et vengeant par des représailles terribles l'assassinat des meilleurs amis de leur allié. La mort immédiate de Wallenstein pouvait seule les sauver, et k capitaine Deveroux, autre Irlandais qui avait vendu son bras pour ce meurtre, reçut l'ordre de gagner la récooh pense promise.

Pendant qu'à la citadelle d'Éger on décidait ainsi de son sort, le duc de Friedland était occupé dans son château à lire dans les astres, sous la direction de S^iL Ce célèbre astrologue ne cessait de lui dire que des danger» imminents l'entouraient de toutes parts, et B ne répondait aux pressantes questions de son maltn

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