‹ Poésies de SchillerChapitre 228 sur 258 · LIVRE CLNÛUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CLNÛUIÈME

iiation, il fallait Tannuler, ou au moins le modîGer. Le traité de paix régla ce point délicat en décidant que tous les biens immédiats de l'Église catholique, et parmi les biens médiats ceux dont les protestants s'étaient em« parés avant le traité de Passau» resteraient encore pendant quarante ans dans Tétat où ils étaient lors de la promulgation de cet édit, mais sans donner toutefois- à leurs possesseurs le droit de voter à la diète, droit qui était inhérent à ces biens. À l'expiration du terme fixé une commission, composée d'un nombre égal de représentants des deux Églises, devait juger, selon sa conscience, les intérêts communs ; et dans le cas où cette commission ne pourrait prononcer un arrêt définitifchaque parti rentrerait dans les droits dont il jouissait avant VÉdit de restitution.

Loin d'étoufler le germe des discordes civiles et religieuses, cette clause ne semblait vouloir les contenir pendant un certain nombre d'années que pour leur doF ner plus de force et d'énergie ; et le traité de Prague, qui devait pacifier TÂllemagne, préparait les éléments d'une nouvelle guerre. Ce même traité conserva au prince Auguste de Saxe l'archevêché de Magdebourg, dont g«» détacha cependant une pai:tie au profit de l'électeur. L'administrateur de cet archevêché, Christian-Guillaume de Brandebourg, fut dédommagé ailleurs de la perte de sa dignité; l'évèché de Halberstadt resta à l'archiduc Léopold*Guillaume; les ducs de Mecklembourg devaient, s'ils consentaient à cette paix, rentrer dans leurs États, qu'au reste Gustave-Adolphe leur avait rendus depuis longtemps, et Donawerth redevenait ville impériale avec toutes les franchises attachées à ce titre.

L'électeur de Saxe n'agita pas même la question si importante concernant les héritiers du palatin Frédéric V, par la raison très-chrétienne qu'un prince luthérien n'est pas tenu d'être juste envers un prince calviniste. Les

souverains protestants, la Ligue et l'empereur, s'engageaient à se rendre mutuellement les provinces qu ils s*étaient enlevées pendanir la guerre, et d'agir d'un commun accord pour obtenir une pareille restitution de la part de la Suède et de la France. Les troupes des parties contractantes ne devaient plus former qu'une seule armée, qui, entretenue aux frais de l'Empire, serait chargée de veiller au maintien de cette paix et à l'exacte observation de toutes ses clauses.

Le traité de Prague devait être considéré comme une loi de l'Empire; les points qui ne concernaient pas immédiatement les intérêts de cet empire furent réglés dans un traité spécial, par lequel la Lusace était c^ée à la Saxe, à titre de fiet de la Bohème. La paix âe Prague accordait en même temps une amnistie qu'on appelait générale, et qui pourtant exceptait les sujets immédiats de l'Autriche qui avaient pris les armes conli^ leur souverain, les membres du conseil de la haute Allemagne, présidé par Oxenstiern, et les ducs de Wortembcrg et de Bade, dont on occupait encore les États. On n'avait cependant pas l'intention de continuer la guerre avec eux , mais on voulait leiu* faire acheter la paix à des conditions plus dures que celles qu'on imposait aux autres souverains de l'Âllema'gne.

Si cette paix, dictée par la cupidité, le fanatisme et l'esprit de vengeance, avait jété basée sur des sentimeols de justice et d'équité, elle aurait pu rétablir la confiance et la bonne harmonie entre le chef et les membres de TEmpire, entre les catholiques et les protestants, leshithériens et les calvinistes; et les Suédois, délaissés par tous leurs alliés, eussent été forcés d'abandontier leurs conquêtes en Allemagne et de retourner dans leur pajs. S'ils parvinrent à maintenir leur crédit et à reprend» ]€^ hostilités, c'est parce que cette paix, au lieu de rapproclier les partis, n'avait servi qu'à augmenter leur

Page 1