‹ Poésies de SchillerChapitre 236 sur 258 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

premier^ et tous ses soldats avaient imité son exemple. Marchant dans Teau jusqu'au cou» et traînant après eux les canons que les chevaux, réduits à nager» ne pouvaient plus faire avancer, ils étaient arrivés sur Tautre rive» où le général espérait trouver le corps d'armée de Wrangel, à qui il avait expédié Tordre de quitter la Poméranie pour venir à son secours;

Mais, à la place de ce renfort, une nouvelle armée impériale s'était présentée devant lui pour lui barrer le chemin, et lui prouver qu'il était tombé dans un piège d*où il n'était pas au pouvoir humain do le retirer. En effet, il avait derrière lui le général autrichien de.Bucheim et un pays affamé ; à gauche, l'Oder, gardé par les Impériaux ; à droite» la Pologne, à laquelle il eût été imprudent de se confier malgré la trêve; devant lui» une autre armée ennemie et les forteresses de Landsberg, de Custrin et de Lawarta. Banner ne put s'empêcher de reprocher amèrement cette ccuelle position au commissaire que la France avait placé auprès de lui :

c Votre cabinet, lui dit-il, peut s'applaudir de tout ce A que nous souffrons ici, car c'est son ouvrage; au lieu « de faire, ainsi que nous en étions convenus, une di- «r Vjersion à l'empereur sur les bords du Rhin» il y laisse « ses armées inactjves» et permet ainsi à l'ennemi de c réunir toutes ses forces contre la Suède. Âh! si c jamais les Allemands s'unissaient franchement avec c nous pour envahir la France» vous apprendriez bienc tôt qu'il ne faut ni. tant de temps ni tant d'apprêts «, pour passer ce Rhin que vous regardez comme une c barrière infranchissable. »

Banner cependant n'était pas homme à perdre son temps en reproches stériles : la force et l'adresse n'avaient plus de chances à lui offrir; la ruse seule pouvait le sauver encore» et il eut recours à la ruse. Feignant de vouloir se jeter en Pologne» il avait envoyé dans celte

416 HISTOIRE DE U GUERRE DE TRENTE A!fS.

direction une partie des chariots de l'armée et tout^ les femmes des officiers, sans ^n exce{iter la sienne. Trompés par cette mesure, les Impériaux ne songà^ qu'à lui couper la route qu'ils le croyaient décidé ï prendre; ils découvrirent TOder, et Banner profita de l'obscurité de la nuit pour passer cette rivière sans pools et sans bateaux, comme il l'avait fait quelques jours pia tôt près de Furstenberg. Après ce passage, qui ne hâ avait pas coûté un seul homme, il lui fut facile de pénétrer en Poméranie,où le général Wrangel l'attendait aviec impatience, car une autre armée impériale , conumndée par le général Gallas, avait pénétré dans ce dudié.

Ce motif était plus que suffisant pour l'excuser aux yeux de Banner de n'avoir pu venir à son secoors. Tous deux réunirent aussitôt leurs efforts contre feonemi commun , qui s'était emparé d'Usedom, de Wo)gast et de Demnin, et avait repoussé les Suédois jn^ <iu'au fond de la Poméranie. Cependant il lew importail plus que jamais de se maintenir en ce pays, et de faire valoir leurs droits à sa possession; car son sooi'erajn, le <iuc Bogisla XIY, venait de mourir.

Pénétrée de cette nécessité, la régence redoubla d'rfforts en envoyant des secours d'hommes et d'argent aux généraux Wrangel et Banner, en stioiulant le zèle de la France, et en cherchant à renouer ses anciennes alliances avec les princes protestants. Son crédit en Allemagne était tombé plus bas que jamais, car rinacticn de la France avait fait perdre aux. Suédois les places kf plus importantes de la haute Saxd^ Le duc Geoi^es de Lunebourg, désespérant de leur fortune, commençait > les traiter en ennemis. Ehrenbreitstein, domptée par h famine, avait ouvert ses portes au général bavarois àè Werth *, les Impériaux s'étaient emparés de toutes lies fortifications élevées sur les bords du Rhin par leurs ^nemis ; les ducs de Mecklembourg se montraient di^

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