‹ Poésies de SchillerChapitre 241 sur 258 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

lèrent avec tant d'impétuosité sur l'aile gauche des Impériaux, que toute la cavalerie qui la couvrait fut mise hors de combat par cette première attaque. L'aile gauche des Suédois ce()endant commençait à faiblir; mais l'aile droite vint aussitôt à son secoui*s. Ces deux corps réunis prirent l'ennemi en queue, assaillirent en même temps ses flancs, et jetèrent le désordre dans ses rangs. L'inianterie des deux partis restait toujours inébranlable; et lorsque toute la poudre fut épuisée, elle continua à se battre à coups de crosse de fusil jusqu'au moment où Tannée impériale, cernée de toutes parts, céda enfm le champ de bataille après une lutte acîiamée de trois heures. Des deux côtés, les chefs avaient donné de nombreuses preuves de talent et de valeur; rarehiduc Léopold surtout s'était montré toujours le premier à l'attaque et le dernier à céder la place.

Cette victoire coûta aux Suédois plus de trois mille soldats et deux de leurs meilleurs généraux, Schlangcn et Lilienhoek. La perte des Impériaux fut beaucoup plus considérable, car ils laissèrent sur le champ de bataille cinq mille morts, autant de prisonniers, quarante- six canons, presque tous les bagages de l'armée^ la chancelterie et toute la vaisselle d*argentde l'archiduc. Trop épuisé par cette victoire pour poursuivre l'ennemi, Tor* stensohn s'avança sur Leipzig ; l'armée impériale s'enfuit en Bohême, où elle réunit ses débris dispersés. I/archiduc Léopold fut tellement furieux de là perte de cette bataille, qu^il prétendait avoir été causée par la fuite d'un régiment de cavalerie, qu'il lui fit éprouver les terribles effets de sa colère : il le réunit à Nackonitz, en Bohème, le dégrada en présence de l'armée, lui enleva ses chevaux, ses armes et ses insignes; fit déchirer ses étendards, fusiller plusieurs officiers et décimer les soldais. .

La reddition de Leipzig, qui eut lieu trois semainei

après la bataille, fut pour les Suédois une des plus belles conséquences de leur triomphe. Celte malheureuse ville fut obligée de se racheter du pillage par une rançon de trois tonnes d*or (environ un million de francs), et d noe fourniture de draps, de toiles, et de tous les objets nécessaires pour équiper à neuf Tarmée suédoise. Les marchands étrangers qui avaient des dépôts dans cette ville furent imposés séparément.

Pendant le même hiver, Torstcnsohn mit le siège devant Freiberg, que, malgré la rigueur de la saison, il poursuivit avec une ardeur infatigable. La persévérance des assiégés et l'approche de Piccolomini robligèrentâ renoncer à cette entreprise, mais elle avait du moins eu l'avantage de forcer les Impériaux à quitter leurs quartiers d'hiver, et à les engager dans des expéditions qui leur avaient coûté plus de trois mille chevaux. Pour achever de les harceler, il se dirigea vçrs l'Oder, où il se renforça par les garnisons de la Silésie et de la Poméranic; et, par un mouvement aussi brusque qu'imprévu, il reparut sur les frontières de la Bohême, traversa ce royaume avec la rapidité de l'éclair, entra une seconde fois en Moravie, délivra Olmutz, prête à se rendre aux Impériaux, établit son camp à deux lieues de la forteresse, leva des contributions de guerre exorbitantes, et fit battre la campagne par des troupes légères qui poussèrent leurs excursions jusqu'aux avant-postes chargé? de la garde des ponts de Vienne.

Réduit à craindre pour sa capitale, l'empereur appela la noblesse hongroise à son secours ; mais elle refusa de répondre à cet appel, sous prétexte que ses privilèges la dispensaient de se battre pour les intérêts de l'empereur sur tout autre territoire que sur celui de la Hongrie. PeD> dant ces négociations stériles, les Suédois avaient eu k temps de se rendre maîtres de toute la Moravie. L'^activite infatigable et le courage intrépide de TorsteasohD

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