‹ Poésies de SchillerChapitre 242 sur 258 · LIVRE ClNQt3TËMB · texte numérisé non relu

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étonnèrent non-seulement ses amis et ses ennemis, mais ses succès rapides réveillèrent le zèle des alliés de la Suède.

Les troupes de Hesse, celles de France et de Weimar, commandées par le général d'Eberstein et par le maréchal Guébriant, venaient d'entrer dans Tarchevèché de Cologne, où elles établirent leurs quartiers d'hiver/Pcu satisfait de la présence de ces hôtes im|x»rtuns, Tarchevéque électeur avait appelé le général autrichien de Hatzfeld pour l'en débarrasser, et confié le commandement de ses troupes au général Lamboy; mais les alliés attaquèrent ce général près de Kempen, dans le mois de janvier 1642, et sa déroute fut si complète, qu'il perdit près de 2,000 hommes^ et plus du double furent faits prisonniers.

Eberstein et Guébriant, devenus par cette victoire maîtres de tout Télectorat de Cologne, établirent leurs quartiers d'hiver dans cette riche contrée, où ils remontèrent leur cavalerie, et y levèrent des troupes.

Bientôt cependant Guébriant confia aux Hessois le

soin de défendre les conquêtes du bas Rhin contre le

comte de Hatzfeld, et s'avança vers la Thuringe, où

Torstensobn s'apprêtait à une attaque sérieuse contre

la Saxe. Biais, au lieu de se joindre à Tarmée suédoise,

il se souvint tout à coup qu'il s'était déjà. éloigné du

Rhin plus que les instructions de son gouvernement* ne

le lui permettaient, et il retourna en hâte vers ce fleuve.

Les Bavarois, qui, sous les ordres de Mercy et de Jean

de Werth, stationnaient sur le territoire de Bade, barré*

rent le chemin à Guébriant, et le réduisirent à errer au

hasard et à camper sur la neige et sur la glace avec son

armée dépoinrue de tout; et ce ne fut qu'après plusieurs

semaines de cette existence misérable qu'il parvint à se

procurer dans le Brisgau un asile un peu plus tolérable.

L'été suivant il reparut en Souabe» et empêcha l'armée

bavaroise d'aller au secours de ThionvOIe, assiégée par le célèbre prince de Condé, qui alors n'était encore qoe duc d'Enghien. La supériorité de rennemi le força néaih >moins à retourner en Alsace pour y attendre des ren* forts; mais ces renforts n'arrivèrent point, car Tatteotion de la France venait d'être détournée du théâtre dt la guerre par la mort du cardinal de Richelieu.

Ce fut dans le mois de novembre 1642 que ce grand hoïnme d'État fut enlevé aux affaires qu'il dirigeait avec tant de gloire, et, le 13 mai de l'année suivante, son souverain, Louis XllI, le suivit dans la tombe.

Devenu l'héritier de la puissance, des principes et des projets de Richelieu, le cardinal Mazarin travailla avee zèle à l'accomplissement des plans que son illustre prédécesseur lui avait légués; mais, au lieu de conoenirer comme lui toutes ses forces contre l'Espagne, il s'en servit contre l'empereur, et justifla ainsi l'opinion qu'il avait énoncée en soutenant que l'armée française en Allemagne était le bras droit du roi de France et Je rempart de ses Ëtats. Fidèle à ce principe, il s'empressa d'envoyer des renforts considérables en Alsace; eî, pour enflammer l'enthousiasme de ces nouvelles troupes, îi les plaça sous les ordres du duc d!Enghien , qui déjà s'était acquis l'estime et la confiance des soldats par la victoire de Rocroi. Ces courses permirent à Guébriant de reprendre la campagUjB avec éclat. Malgré la rigueur de la saison, il passa le Rhin, entra eo Souabe, et s'empara de Rottvreil, dont les Bavarois avaient fait \em dépôt d'armes, de munitions et de vivres. .. Malheureusement il reçut, pendant le siège, une blessure au bras, que la maladresse d'un chirurgien reDdil mortelle; et bientôt après la place retomba au pouvoir des Bavarois.

Épuisée de fatigue et considérablement diminuée par toutes ces expéditions au milieu de l'hiver, l'armée fran-

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