‹ Poésies de SchillerChapitre 252 sur 258 · LIVRE CINQUIÈME. 4SI · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. 4SI

toutes les forces dont il pouvait disposer; la rigueur de la saison l'obligea à lever le siège et à prendre des quartiers d'hiver. Ce fut là qu'il apprit la nouvelle que la paix avait été signée à Munster et à Osnabruck, le 24 octobre 1648, paix qui mit un terme aux batailles qui depuis trente ans désolaient rAUemagne.

C'est à une autfe plume qu'il est réservé de donner une juste idée des eiïorts gigantesques par lesquels on parvint enfin à conclure cette paix durable, sacrée, et célèbre sous le nom de paix de Weslphalie. Pour entamer les négociations, il fallait vaincre des obstacles presque insurmontables, car ce ne fut qu'en saisissant les événements les pliîsfutiles,les hasards les plus insignifiants, qu'il devint possible de contraindre tant d'intérêts opposés à tendre vers un même but. La supériorité du génie, jointe à une patience à toute épreuve, pouvait seule continuer ces négociations à travers le jeu perpétuel des chances de la guerre, et leur imprimer le cachet solennel qui en fit un traité définitif. . C'est à urie autre plume aussi qu'il est réservé de dire quel était le contenu de ce traité ; ce que les com- ' battants y ont gagné ou perdu par trente années d'efforts et de souffrances ; quels avantages ou quels maux il en est résulté pour la société européenne en général. L'histoire de la guerre de Trente ans est un fait grand, immense, et qui ne peut être saisi que dans son ensemble ; celle de la paix qui termina cette guerre offre le même caractère. Une analyse de cette œuvre imposante des passions et de la sagesse humaine n'en ferait qu'un squelette desséché, et lui enlèverait tout ce qui la rend digne de l'attention et de l'examen consciencieux de la postérité.

On sait que par le traité de Westphalie Tempire abandonna &bs ^ciennes prétentions snr les évôchés de Metz, de Toul et de Yer-

dnvf, €<mqiii8 sons le règne de Henri II, et snr Pignerol, cééép« le doc de Savoie en 1632. U livrail en outre à la France les tod^ gravials de hante et basse Alsace, le Sandgan. Yieux-Brisact U préfecture de Hàguenau, et le droit de tenir garnison à PbiBpsbourg. L'acquisition de l'Alsace nous donnait le Rhin pow toile; Pignerol nous livrait Hulie , Vieux-Brisach et PhilipAonrg l'Allemagne. C'étaient là pour nous d'utiles, de glorieux résultats.

La Suède, notre alliée, devint la puissanee prépondérante àm le nord. Outre la principauté de Rugen, la ville de Wismar« plusieurs bailliages voisins , elle reçut la Poméranie citérieare, et, en échange du reste de cette province et do Vévôcbé deCuDei dont elle devait hériter un jour après l'extinction des œàlcs deb maison de Brandebourg, on lui donna les évèchés de Brêiof etde Werden érigés en duchés. Ces fiefs, qui relevaient directeffleni df l'empire, firent entrer la Suéde dans la confédération gemuiqi^et lui assurèrent trois voix aux diètes.

L'électeur de Brandebourg acquit le fertile <pays de Hagdebomf, qui valait mieux que son margraviat, les villes de Cames, d'Hilberstadt et la principauté de Hinden.

La mais6n palatine fut rétablie dans ses droits , mais 1« 1|»* Palatinat demeura à la Bavière. Un huitième électorst fut créée» faveur des comtes palatins.

L'Allemagne, si cruellement ravagée par la guerre, fil tous 1« frais de la paix. Elle indemnisa la France let lar Suède en lev cédant des villes et des provinces.

Le traité de Westphalie ne fut pas seulement un traité dep* cificaiion entre l'Allemagne et les puissances étrangères, n^ encore une loi constitutionnelle et fondamentale qui a régi l'eapire germanique jusqu'à sa dissolution définitive au commefis^ ment du dix-neuvième siècle, de môme que ses stipulations diplomatiques ont servi de base à toutes les négociations jusqu'en 1789

En sanctionnant les usurpations successivea-d^'s princes, cetrtik consacra et consolida les changements profonds qu'avaient éfimi' vés les formes du gouvernement de ce pays. La participatioa d<i états à l'administration générale et à la puissance législative, leer souveraineté sur leurs sujets qui jusqu'alors n'avaient été (^ leurs justiciables et leurs administrés, le droit de fiaire la guerre, de conclure la paix, de signer des allisnces avec des pays voisiBs, furent solennellement reconnus. Ainsi le pouvoir impérial étvt annulét en attendant que Napoléon I^ le fit disparaître pourUiV' jours, et le territoire allemand, divisé en trois cent soixante-Kji ^tats indépendants , restait ouvert aux étrangers. Ce fractionae' ment du sol qui plaçait en quelque sorte l'AUemagûe sous la pn*

Page 1