LES QUATRE AGES DU MONDE
léger plaisir des sens fat proscrit, et rhomme rentra pensif en lai-méme.
Et il disparut, le frivole, le yolaptneux charme qui réjouissait Theureuse jeunesse du monde. Le moine et la nonne se macérèrent le corps ; le chevalier bardé de fer courut au tournois. Mais si la vie était alors sombre et terrible, Tamour lui conservait sa grâce et sa douceur. Les Muses paisibles restèrent fidèles à Fautel chante et sacré; la noblesse, la pu^ reté des mœurs se perpétuaient dans Tàme pudique des fmnmes, et la fidélité de Tamour et les doux sen* timents enflammaient le génie du poëte.
Yoilà pourquoi un doux lien doit à jamais réunir ies postes et les femmes. Us doivent marcher ensemble et former ensemble Talliance du beau et du juste ; le chant et Tamour réunis conservent à la vie ^apparence de la jeunesse.
Li MUSE ALLEMANDE
Le siècle d^Àuguste n'a point fleari pour toi. La magnificence des Médicis n'a point souri à Tart allemand. Les gennes de notre poésie n'ont pas été semés par la gloire* Ils ne se sont pas épanouis aux rayons de la faveur des princes. La Muse allemande a été abandonnée, privée d'honneur par les hommes les plus puissants de TÂUemagne, par le grand Frédéric même, et TÂllemand peut dire avec orgueil, et il peut proclamer dans son cœur, qu'il a lui-même créé sa dignité.
Voilà pourquoi le chant des bardes allemands monte si haut, et se répand si loin. Voilà pourquoi ce chant sonore, issu des sources du cœur, se répand à larges flots et brave la contrainte des règles»