A UNE FILLE I
qui faisoit des avancts i un sot, pour l'épouser. |
Vous en usez en fille sage, Quand vous recherchez ce magot J Pour vm mari, quel avantage Que de passer pour riche et sot !
Quoique maint rival en enrage.
Laissez gronder les mécontens; Quand il s'agit de mariage , Il faut s'accommoder au temps.
i^a POÉSIES DIVERSES.
Qu'en vain un blondîn se propose D'en contrefaire le marri; Être honnête homme est peu de chose, Quand on ne cherche qu'un mari.
La fleurette et ce badinagc Dont un damoiseau vous combat , Ne donnent pas un équipage.
Comme les pistoles d'un fat.
Qu'il n'ait esprit, mine ni grâce, Hé ! pourquoi vous en alarmer ?
Un galant tient si bien la place D'un mari qu'on ne peut aimer.
Quoique votre orgueil me méprise , Et que je vous voie à regret Courre au-devant de sa franchise, S'il vous épouse c'est bien fait.
N'épargnez pas quelques avances, Vous les reprendrez sur son bien ; Mais, ô frivoles espérances !
Qu'en dira-t-on s'il n'en fait rien ?
Qu'auront servi ces complaisances En de si grands sujets d'ennui , Ces respects et ces déférences
Indignes de vous et de lui ?
Pour le forcer à l'Iiyménée C'est beaucoup que votre beauté, Pour peu qu'il eiit l'âme tournée Devers la générosité.
L'amour dont son ame est atteinte Lui peut donner quelque tourment; Mais, quoiqu'elle dût être sainte, Il l'entend peut-être autrement.
Je ne dirai rien qui l'outrage ;
Mais je maintiendrai jusqu'au bout.
Qu'à deux doigts près du mariage ,
Je le pouvois suivre partout, I
Pour vous, Philis, je vous pardonne ,
Et quoi qui me puisse animer, t
Je n'ai jamais haï personne h
Pour n'avoir pu m'en faire aimei-.
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STANCES
sur la Carte de ^Tendre.
JCiSTiMEZ-vors cette Carte nouvelle Qui veut de Tendre enseigner le cliemiu? Pour adoucir une beauté cruelle Je m'en servois encore ce matin ; Mais, croyez-moi, ce n'est que bagatelle; Ces longs détours n'ont souvent point de fin; Le grand chemin et le plus droit de tous , C'est par Bijoux.
= La Carte de Tendre , dans la première partie du roman de Clélie, par mademoiselle de Scudéri, est une fiction allégorique imaginée pour marquer les différens genres de tendresse , qui tous peuvent se rapporter à trois causes, l'estime , la reconnoissance et l'inclination. La Carte marque trois rivières à qui l'on donne ces trois noms , et sur lesquelles sont situées trois villes, nommées Tendre; Tendre sur Inclination , Tendre sur Estime et Tendre sur Reconnoissance. La route qui conduit à ces trois villes est semée de villages par où il faut passer : Petits Soins , Jolis Vers , etc. , que cite ici Scgrais , sont de ce nombre.
Sur cette Carie on marque un certain fleuve. Le premier but d'un désir amoureux; Mais par Bijoux aisément il se treuve, Et c'est par là qu'il n'est point dangereux : Demandez-vous une plus forte preuve, Pour faire voir que de ce Tendre heureux Le grand chemin et le plus sûr de toug^ C'est par Bijoux ?
Si quelquefois sur Estime on s'avance , C'est quand on peut faire estimer ses dons; Car Petits Soins ne va qu'à Révérence, Et Jolis Vers, pris souvent pour Chansons, Malaisément mène à Reconnoissance, Et va plus droit aux Petites Maisons : Le grand chemin et le plus court de tous. C'est par Bijoux.
Oubliez donc celte trop longue route, Dfe retenez que le nom de Bijoux, Avec lui seul vous parviendrez sans doute; Car si d'abord Tendre ne s'offre à vous, Séjournez-là, quoique le séjour coûte, Tendre viendra jusques au rendez-vous; Le grand chemin et le meilleur de tous. C'est par Bijoux.
i-(J POÉSIES DIVERSES.
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STANCES