‹ Poésies de SegraisChapitre 32 sur 92 · SUR LE BONHEUR DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

SUR LE BONHEUR DE LA FRANCE

par la paix générale,

Ooxis les verts oliviers dont, par sa vigilance, L'heureux Jule enrichit nos champs délicieux, J'admire ses travaux et la bonté des Dieux; Je contemple en repos le bonheur de la France.

Jule a calmé l'orage , il veut que l'abondance Nous verse à pleines mains ses trésors précieux, Et pour faire partout trembler nos envieux, Il nous rend de Condé la fatale vaillance.

Mais notre grand monarque accomplit nos souhaits ; Etant né pour la guerre il se donne à la paix; Il fait par ses vertus adorer son empire ;

Et de si riches dons les grâces l'ont orné. Qu'un légitime choix nous le feroit élire, Si la faveur du ciel ne nous l'avoit donné.

JQw POESIES DIVERSES.

SONNET

-L'ANGEREtJx élément, mer trompeuse et changeante, Mol esclave des vents, vraie image du sort. Dans le trouble où je suis contemplant ta tourmenfc, Hélas ! qu'entre nous deux je trouve de rapport !

Comme toi je dépens d'une humeur inconstante, De qui le changement me travaille si fort, Que mon ame agitée, incertaine et flottante. Dans la mer de mes maux ne trouve point de port.

Ton eau n'est point amère à l'égal de mes peines; Plutôt on compteroit tes flots et tes arènes. Que les divers desseins qu'à toute heure je fais.

Enfin, tu n'as sur moi que ce seul avantage , Que le calme succède à ton plus grand orage , Au lieu que mon esprit n'en espère jamais.

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SONNET

V OTHE départ me tue: en vain par un portrait Vous voulez consoler ma passion fidelle;

Comme il n'approche point de son divin modèle, 11 n'est à ma douleur qu'un remède imparlait.

La gloire dont m'accable un si rare bienfait Augmentera ma peine en accroissant mon zèle; Moins je trouve à mes vœux votre beauté cruelle. Plus elle instruit mon cœur de la perte qu'il fait.

Enfin vous emportez toute mon allégresse; Ce portrait qu'aujourd'hui votre pitié me laisse Ke promet à naes maux qu'un léger réconfort;

Car le plus grand bonheur que mon ame en espère K'est toujours qu'une idée et foible et mensongère, Et mes vrais déplaisirs me vont donner la mort.

SONNET

V ors à qui je fais voir ma noble servitude, Que vous êtes changés, déserts délicieux! Hélas I qu'il paroît bien, aimable solitude, Que sur vous Ismenie a fait luire ses yeux.

En deux jours, bel objet de mon inquiétude. Vous avez rapporté dans ces aimables lieux Ces beautés contre qui l'hiver fâcheux et rude

A si long-temps armé la colère des cieux.

Déjà des Aquilons la rage en est bannie ;

Vous rendez àiix oiseaux leur divine harmonie;

Ces bois en ont repris leur première vigueur.

Mais que puis-je espérer de ces métamorphoses? Vos beaux yeux font ici revivre toutes choses, Et rien que leur éclat n'a causé ma langueur.

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SONNET

v^AMPAGNEjde moissons et de fleurs dépeuplée j Que la saison maltraite avec tant de rigueur; Triste et funeste objet, arbres que la gelée Fait paroître tout morts et séchés jusqu'au cœur,

Hélas ! si du Soleil la course reculée, O mes chers confidens, vous prive de vigueur^ Sachez que, comme vous, mon ame désolée Demeure loin du sien dans la même langueur.

Mais l'aimable Printemps vous peut rendre la vie: L'espérance du moins ne vous est point ravie : Au retour du Soleil vous changerez de sort.

POÉSIES DIVERSES. jgj

Et quand, pour soulager ma douleur infinie, Le ciel m'accorderoit le retour d'Ismenie, Que puis-je de sa vue attendre que la mort ?

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