SCÈNE IL
ZORAIDE , ALMIRE , ASTOLFE caché dans uq bois.
ASTOLFE
Tranquille et fortuné ton amant vit encore ; Son heureux sort accroîtra tes malheurs; Et tu vas plus verser de pleurs Que n'en verse l'Aurore.
ZORAÏDE
Qu'ai-je entendu ? Grands Dieux !
352 L AMOUR GUiRI PAR LE TEMPS,
Est-ce donc en ces lieux Que les bois rendent des oracles ?
Après tant de tourmens, Amour impérieux. Me faut-il préparer à de nouveaux obstacles ?
ASTOLFE
Laissé parmi les morts et tout près d'expirer ,
Ce beau Médor qui te fait soupirer, Par les soins d'Angélique a conservé la vie.
De son destin sois éclaircie :
Le guérissant des traits dont il fut tout percé , Cette beauté s'est blessée elle-même :
Il l'adore , elle l'aime :
Guéris ton cœur d'un amour insensé.
ZORAÏDE
Doue l'horrible malheur de n'être point aimée
Du seul objet qui m'a charmée , N'a fait que la moitié du rigoureux tourment Que je souffre en aimant.
O voix impitoyable , Tu n'es point véritable.
Allons d'Atland consulter le savoir ; Son antre dans ces bois s'offre à mon désespoir.
( Elle s'enfuit. )