‹ Poésies de SegraisChapitre 76 sur 92 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ROLAND arrive et les bergers s'enfuient.

Angélique à Médor a pu donner son cœur ! A. Médor Angélique ! Éclatez , ma douleur ;

Tout me déclare mon malheur.

Dans cette grotte il eut l'audace de l'écrire ,

Et je viens de le lire :

t Entre tous les mortels , Médor le plus heureux

« Et le plus amoureux , « Au frais de cette grotte, au doux bruit de cette onde, « Possédoit en repos la merveille du monde. » Le chiffre d'Angélique à ces mots ajouté,

Déclare leur félicité.

Pour rendre de Médor la victoire publique, Est-il besoin de nommer Angélique ?

O Dieux! combien de fois

Et les jours et les nuits, par ses chants, dans ces bois ,

A cet heureux Médor a-t-elle fait entendre

Tout ce qu'Amour m'a fait lui dire de plus tendre ?

Des plaintes par qui j'exprimois Le sincère abandon d'un amour véritable, Elle a fait le plaisir d'un rival méprisable. Hélas! peut-elle avissi se montrer plus aimable, Qu'en lui représentant à quel point je l'aimois ? Amour, quel est ton caprice ?

Est-ce ainsi qu'un Dieu rend justice ?

Angélique à Médor a pu donner son cœur ! A Médor Angélique! Eclatez, ma douleur:

Tout m'assure de mon malheur.

Je me trompe peut-être. Allons, rentrons encore.

Dans cette grotte que j'abhorre,

]S'a-t-on rien écrit de Roland ?

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