SCÈNE V
ROLAND arrive et les bergers s'enfuient.
Angélique à Médor a pu donner son cœur ! A. Médor Angélique ! Éclatez , ma douleur ;
Tout me déclare mon malheur.
Dans cette grotte il eut l'audace de l'écrire ,
Et je viens de le lire :
t Entre tous les mortels , Médor le plus heureux
« Et le plus amoureux , « Au frais de cette grotte, au doux bruit de cette onde, « Possédoit en repos la merveille du monde. » Le chiffre d'Angélique à ces mots ajouté,
Déclare leur félicité.
Pour rendre de Médor la victoire publique, Est-il besoin de nommer Angélique ?
O Dieux! combien de fois
Et les jours et les nuits, par ses chants, dans ces bois ,
A cet heureux Médor a-t-elle fait entendre
Tout ce qu'Amour m'a fait lui dire de plus tendre ?
Des plaintes par qui j'exprimois Le sincère abandon d'un amour véritable, Elle a fait le plaisir d'un rival méprisable. Hélas! peut-elle avissi se montrer plus aimable, Qu'en lui représentant à quel point je l'aimois ? Amour, quel est ton caprice ?
Est-ce ainsi qu'un Dieu rend justice ?
Angélique à Médor a pu donner son cœur ! A Médor Angélique! Eclatez, ma douleur:
Tout m'assure de mon malheur.
Je me trompe peut-être. Allons, rentrons encore.
Dans cette grotte que j'abhorre,
]S'a-t-on rien écrit de Roland ?