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Il faudroit le mieux. (Note de M'"' de Genlis

XIV Notice sur la vie

désagréable à M. le duc de Chartres, qui met toit beaucoup trop d'importance aux choses de ce genre. Au reste, M. Bonnard, sans être un poète distijigué, a fait quelquefois de jolis vers. On a cité de lui, assez mal à propos, selon moi, car on pouvoit mieux choisir , les quatre vers suivants :

Ne parler jamais qu'à propos Est un rare et grand avantage; Le silence est l'esprit des sots Et l'une des vertus du sage.

« Le silence n'est ni une vertu ni un vice, car il peut être criminel ou vertueux, suivant l'occasion. »

Voici le portrait peu flatté, et je puis dire peu exact du chevalier. C'est triste à dire, mais le vieiisonge même n'a pas coûté à l'ennemie de notre poète, quand il s'est agi de le ridiculiser. M'"' de Genlis préieJid que Bonnard fit imprimer « l'Epitre à Bonbon ». Cette assertion est fausse. Le chevalier de Bonnard avait composé ces vers pour sa femme, et sans doute il ne les desti^iait point à l'honneur de l'iinpressioji. Le premier qui les publia fut Garât dans une note de son Précis historique paru, comme je l'ai dit, en 1785. Ils furent ensuite reproduits par /'Almanach des Muses en 1786. Mais cette pièce de vers était insupportable à l'auteur ^/'Adèle et Théodore : ce ti' était point ce tout pardessus, qiii lui tenait au cœur, mais satis doute plutôt les vers suivants, adressés à la femme et à l'enfant de l'ancien sous-gouverneur :

C'est vous deux, c'est vous seuls que j'aime : Deux enfants jadis avec vous

et les œuvres de Bonnaid. xv

Partageoient cet amour extrême :

Vos cœurs n'en étoient point jaloux.

Hélas ! tu le voyois sans cesse Avec quels soins, quelle tendresse Des petits-fils du grand Henri Ma main cultivoit la jeunesse :

Dépôt glorieux et chéri !

Je vous pleurai..., je le confesse...; Mais éloignons ces souvenirs ; Pour jouir encor de mon âme, N'ai-je pas mon fils et ma femme ?

On reiimrqiicra que Bùiinard, dans celte pièce écrite peu de temps après sa disgrâce (elle est datée du château d'Harcourij 20 aoict 1782 J^ ne récrimine contre personne. Il est regrettable que M'"^ de Genlis n'ait pas imité ce généreux exemple, et qu'elle ait tenté de noircir et de ridiculiser, en 1825^ un homme estimable, estimé de tous, et mort — victime de son dévouement — depuis plus de quarante ans. Quant au fameux tout pardessus, il eût été facile à tin lecteur de bonne foi de s'apercevoir que Bonnard ne l'avait niis là que pour reproduire une expression de la lettre de sa femme, peutêtre un mot de son enfant. Mais M>»' de Genlis avait sans doute ses raisons pour comprendre ces vers à contre-sens.

Arrivons maintenant li la nomination de la comtesse de Genlis et èi la révocation ou à la démission — car, dans ce cas, ces deux mots sont synonymes — dit chevalier de Bonnard.

« M. le duc de Chartres, continue l'auteur du Théâtre d'éducation, croyoit qu'avec de la grâce, îtne grande politesse avec les femmes et de la droiture dans le carac-

XVI Notice sur la vie

tire, un prince ètoit parfait : la dernière qualité est en effet très nécessaire; mais la inoindre des ver tics est préférable à de jolies manières.

« Un soir que M. le duc de Chartres viiit, comme à l'ordinaire, entre huit et neuf heures, à Belle- Chasse, il me trouva seule et il me dit sur-le-champ qu'il n'avait plus de tetnps à perdre pour nommer un gouverneur, parce que, sans cela, ses enfaiits auroient le toti de garçons de boutique ; et il me conta que, le matin, M. le duc de Valois lui avoit dit qu'il avoit bien tambouriné à sa porte, et que, dans le même entretien, il avoit ajouté, en parlant de ses promenades à Saint- Clûud, qu'on y étoit bien tourmenté par la parenté, ce qui signijioit, par les insectes appelés cousins. Voilà les choses importantes qui décidèrent M. le duc de Chartres à ne plus différer la nomination d'un gouverneur. Il me consulta sur le choix : je lui proposai M. de Schomberg, il le refusa, en disant qtc'il rendrait ses enfans pédants; je proposai le chevalier de Durfort, il dit qu'il leur donneroit de l'exagération et de l'emphase; je parlai de M. de Thiars, M. le duc de Chartres répondit qit'il étoit trop léger, et qu'il ne s'en occuperait pas du tout. Alors je me mis à rire, et je lui dis: « Eh bien, moi! » — « Pourquoi pas? » reprit-il sérieusenunt. Je proteste que je n'avois cru faire qu'une plaisanterie, et que, dans nos conversations précédentes, rien n'avait jamais dû me préparer à une idée aussi singulière ; mais l'air et le ton de M. le duc de Chartres mefrappère^it vivement : je vis la possibilité d'une chose extraordinaire et glorieuse, et je désirai qu'elle pût avoir lieu. Je lui dis franchement ma pensée. M. le duc de Chartres parut

et les œuvres de Bonnard. xvii

charmé et me dit : « Voilà qui est fait, voies serez leur « gouverneur. » Ce furent ses propres paroles : Unie quitta, en m'annojtçant qu'il viendroit le lendemain de très bonne heure : il vint en effet à huit lieures , nous décidâmes tous les arrangements; il fut convenu que l'on co7iserveroit M. de Bonnard et l'abbé Guyot, précepteur, qui avoit aussi été placé à ma recommandarion ; que ces messieurs amcneroient les princes tous les matins à Belle-Chasse à midi, et les ramcjieroiejtt à dix heures du soir; que l'on achcteroit une maison de campagne, pour y passer tous les ans huit mois , et que je serois maîtresse absolue de leur éducation. »

A qui M'"^ de Genlis pouvait-elle espérer faire croire une pareille aventure ? Oui eiit pîi prendre au sérieux que rien ne l'avoit jamais dû préparer à une idée aussi singulière, de la part du duc de Chartres? Il est hors de doute que l'affaire avait été préparée dès longtemps. On raconte même que, lorsque le duc de Chartres s'ouvrit pour la première fois de ce bizarre projet au roi Louis XV f celui-ci, qui ne partageait point l'engouement général de la cour pour la gouvernante du Palais- Royal , aurait répondu, au duc en levant les épaules et en hii tournant les talons : « Gouverneur ou gouvernante ! vous êtes le maître de faire ce qu'il vous plaira; d'ûillcîirs, le comte d'Artois a des enfants^! »

I. Le Supplément, publié dans la contrefaçon du Précis historique de\la vie de M. de Bonnard, paru en 1787, rapporte autrement cette] réponse, p. 98. Le roi aurait dit: « J'ai heureusement un dauphin ; Madame est grosse ; M""" la comtesse d'Artois a des enfants...; vous pouvez faire des vôtres ce qu'il vous plaira. »

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Plus loin, M"^' de Gciilis assure que sa nomination fut fort bien accueillie. « Je puis dire avec vérité, ajoutet-elle, qu'en général la chose fut approîivée. »

En effet, la réponse du roi au duc de Chartres ne laisse aucun doute.

Mais im accroc à la vérité coûte peu à M'"' de Genlis; et elle trouve tout sitnple d'affirmer que Louis XVI approuva de premier mouvement la détermination du duc de Chartres. Elle imprime dans ses Mémoires, au lieu des paroles ci-dessus, cette approbation royale : vous faites très bien et je le trouve bon.

Cette nomination à un poste essentiellement masculin a donné lieu au journaliste Hofimann d'établir, avec une grande apparence de sérieu.x, que M'"' de Genlis était uji homme. Il appuyait son raisonnemeiit sur ceci: jo ]\ime dg Genlis avait imprimé cette phrase singulière : « J'ai soixante ans et je suis ho7nme de lettres »v 2" elle avait été nommée gouverneur et non gouvernante des enfants dtc duc de Chartres; 3° Btiffon, à la date du 21 mars 1787^ lui écrivait :« Prédicateur aussi persuasif qu'éloquent... » Rapprochant ces deux textes et le titre de gouverneur, le rédacteur du Journal des Débats concluait assez plaisamment par cette phrase : « Un sexe avoué par /'homme de lettres, confirmé par U7i prince et vérifié par un naturaliste, ne peut être contesté. »

Ce n'est là qu'une des mille plaisanteries auxquelles donna lieu la bizarre fantaisie du duc de Chartres. Les railleurs de la cour prétendirent, entre autres choses, que j^fmc Je Genlis étant devenue gouverneur des enfants de la maison d'Orléans, M. le duc de Luyncs allait être

et les œuvres de Bonnard. xix

incessaDunent nommé nourrice du Dauphin. Le duc de Luynes était alors le plus gros gentilhomme du royaume.

Voyons maintenant comment la comtesse appréciera la conduite de Bonnard après qii elle ftit elle-même préposée à réducaiio7i des princes. « Le chevalier de Bonnard, qui me devoitsa place ^, et qui jusqu'alors m'avoit montré le plus grand attachement, fiit désespéré; il sentit qu'avec vioi l'honneur de l'édîication ne lui serait pas déféré, qu 'ilfaudroit suivre mes idées et non les siennes; il lui parut très humiliaJit d'obéir à une femme : d'ailleurs il étoit accoutumé à passer toute la belle saison à Saint- Cloud, oii il recevait tous ses amis, il allait perdre tous ces agréments; il ne put ni contenir ni cacher son dépit mortel. J'ai toujours eu la crédulité de compter sur l'amitié qu'an m'a promise; sa colère et son mécontentement me surprirent et m'affligèrent. Il dit qu'il donnerait la démission de sa place; alors je lui répondis que je le priais d'y réfléchir ; que, s'il restait, il trouverait toujours en moi une amie; que je pourrais par la suite lui devenir d'autant plus utile, que, ne voulant rien pour moi, je m occuperais davantage du sort de ceux qui seraient attachés à l'éducation, et que j'aurais plus qu'icn autre le droit de demander des grâces pour eux; mais qu'eiifin, s'il voulait quitter, je demanderais pour lui le traitement que l'an accordait ordinairement aux saus-gouver7ieurs qui avaient etitièrement fini l'éducation. Il n'y étoit que depuis dix-huit mois, M. le duc

I. M"*^ de Genlis oublie qu'elle a déjà placé celte petite phrase malicieuse cinq pages plus haut.

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de Valois n'avait que huil ans. M. de Bonnard qziitta, et il eut le traitement qite je hii avais annonce; c'est une chose sans exemple. Loin d'en être reconnaissant, il devint et est resté jusqu'à sa mort mon plus ardent ennemi. M. de Buffon, qjie je fis juge de tonte cette affaire, me rendit une pleine justice; il loua hautement la noblesse de mes procèdes; son amitié pour moi s'en accrut . // dit et répéta ptibliquement que l'ingratitude de M. de Bonnard était inexcxisable, et que d'ailleurs il ne concevait pas qu'il n'eût pas mieux aimé se trouver sous les ordres d'une amie qui était la personne du monde qui pauvoit le mieux diriger, que d'obéir à tiJi gouvernetir qui n'aurait eu ni talents ni instruction. »

Le panégyrique est complet. Cependant il est bon d'examiner la véracité de chaque assertioîi de l'auteur de ces Mémoires. M""^ de Genlis rapparie les bons conseils qu'elle donna à Bonnard; elle y a mis sans doute bien de la diligence : car celui-ci donna sa démission le 6 janvier 1782^ et M"" de Genlis devitit gojivernante le 5 . M. de Bonnard a donc eu bien peu de temps pour réfléchir et pour profiter des conseils de son excellente et sincère amie. Passons à tin autre point; l'auteur des Mémoires prétend que le chevalier ne fut saus-gouverncur que pendant une période de dix-huit mois. Le calcul me paraît peu exact : qu'oti eîi juge. Il fut nommé sous-gouverneur en décembre 1777^ peîc de jours après la lettre de Buffon dont j'ai donné plus hatU lui extrait. Ses élèves furent retnis entre ses mains le 8 novembre 1778. De novembre 1778 à janvier i'/?,2. M"" de Genlis compte dix-huit mois; la bonne comtesse est décidément

et les œuvres de Bonnard. XXI

brouillée avec l'arithmétique aussi totalement qu'avec la vérité.

Troisième point. Buffon, toujours d'après la gouvernante des princes, aurait témoigné hautement que Bonnard avait tous les torts et que JW"' la comtesse de Genlis était une victime de la jalousie des hommes. Or voici ce qu'on peut lire dans une note mise à la suite de la Correspondance inédite de Buffon : « L'amitié de Buffon pour 31'"^ de Genlis se refroidit un moment j ce dernier, qui protégeoit le chevalier de Bonnard et qtii, avec l'appui du comte de Maillebois, l'avoit fait entrer au Palais-Royal, fut très mécotitent des procédés de M'"' de Genlis vis-à-vis du chevalier. Le four où. elle fut nommée gouverneur des enfants du duc de Chartres, le chevalier de Bonnard demanda son congé, et Buffon eut quelque peine à pardonner à M'"^ de Genlis le tort qu'elle faisait à son protégé^. » Ll y a tout lieu de croire que M. Nadault de Buffon, qui a eu entre les mains toîis les papiers concernant son arrière-grand-oncle, n'avance que ce dont il est sûr.

Les lecteurs qiU voudraient être édifiés sur l'efft que produisirent à letir apparition les Mémoires de Hf'"^ de Getilis feront bien de consulter le Journal des Débats de l'année 1825. Ils y trouveront d'abord, à la date du 26 mai, une très digne protestation du fils même du chevalier de Bonnard, M. A.- A. de Bonnard, alors inspecteur divisionnaire ati corps royal des mines.

I. Correspondance inédite di Biifon, recueillie et annotée par M. Henri Nadault de Buffon, son arrière-petit-neveu. — Paris, Hachette, i8<îo; t. II, p. J46.

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Al. A.-A. de Boiinard y proteste, entre autres choses, contre cette soudaineté de la décision prise par le duc de Chartres à l'égard de la gouvernante : « // peut être permis de regarder comme inexact, dit-il, le récit de la manière dont M. le duc de Chartres se décida tout d'un coup à nommer M"" de Genlis gouverneur de ses «z/(?;//5y les papiers que je possède renferment l'indication de circonstances très différentes, au moyen desquelles cette décision avoit été de longue main préparée et amenée. » Les lecteurs trouveront égalelement dans le numéro du Journal des Débats dii. lendemain 27 mai, un article fort instructif sîir ces mêmes Mémoires, /. /// et IV.

Il reste encore une accusation. Le chevalier de Bonnard se serait montré, et cela jusqti'à sa mort, son plus ardent ennemi. Il n'y a guère apparence que lll"" la cojntesse de Geftlis soit là plus sincère qu'ailleurs. Tous ceux qui approchèrent le chevalier de Bo7inard dans les deux dernières années de sa vie sont unanimes à procla^ner qu'il n'a jamais laissé échapper une parole amère contre celle qui l'avait si injtistement traité. « J'ai vu, dit Garât, je le confesse niême, j'ai observé quelquefois M. de Bonnard dans les moments ou un nouvel ouvrage, qu'elle venoit de publier ,faisoit comparoître de ftouveaîi M"" de Genlis au tribunal de l'opinion publique // ne savait pas combattre, sans doute, les critiques vraies qu'on faisoit devant lui des écrits de 31""' de Genlis; mais alors il savoit se taire, et parce qu'il lui avoit des obligations et parce qu'il croy oit avoir ci s'en plaindre : et lorsque les critiques ètoiejit fausses ou exagérées, personne n' était plus prompt q^ic lui à les

et les œuvres de Bonnard. xxiii

délruire, à élever la voix pour citer les beautés. M">^ de Genlis, qui a eu quelquefois besoin de défenseurs, n'en a jamais eu de plus zélé et de plus éloquent que M. de Bonnard. Si l'on pouvait soiipçonner qu'il eût à se plaindre d'elle, c'était à l'extrêine empressement qu'il avait à se montrer son défenseur. »

y^e ne veux point quitter cette période de la vie du poète sans ajouter qu'il n'est pas de sottises que la comtesse de Genlis ne lui ait prêtées. Elle se vante d'avoir eu à débarrasser le duc de Valois, depuis Louis-Philippe, d'une foule de mauvaises habitudes, q7ie lui avait fait contracter, cela va sans dire, le chevalier de Bonnard. M""' de Genlis fut, à l'en croire, chargée de balayer de véritables écuries d'Aîigias. Ici, c'est le duc de Valois, qui, pendant la leçon, se coîiche sur le canapé et met ses pieds sur la table. Lii, il faut le défaire d'une quantité de mauvaises locutions et d'îine injîjiité de ina- 7iières ridicules. Plus loin, la postérité attentive petit apprendre que, le duc de Valois ayant peur des chicJis, le chevalier de Bonnard avait poussé la loTiganimité jîisqti'à faire marcher en avant deux valets de pied, pendant les promenades aîi bois de Boulogne, afin de chasser tous les chiens qui pouvaient se trouver sur la route que monseigneur devait parcourir. Mais ceci n'est rien, et voici un trait qui peint bien toute la noirceur d'âme de l'ancien sous-gouverneur. Croirait-on que le duc de Valois avait horreur de l'odeur du vinaigre! Si le chevalier peut se relever de ce dernier coup, ce ne sera pas la faute de M"'^ de Genlis. C'est la flèche du Parthe.

En vérité, on est honteux d'être forcé de s'arrêter à de semblables niaiseries; tnais il faut bien voir de quelles

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armes s'est servie la comtesse po7cr arriver à ses fins.

Ce n est pas tout j et pour me servir d'une expression empruntée au fils de Bonnard, il semble qicelle ne peut lui pardonner, même après sa mort, le mal qu'elle lui a fait pendant sa vie. Nous avons vu comment, à plus de quarante ans de distance, elle l'attaque et le vilipende dans ses Mémoires. Voici, pour compléter F histoire du malheureux événement qui brisa les espérances du poète, un petit incident que M'"' de Genlis a oublié de rapporter, mais qui a trotivé sa place dans une note de la CoiTespondance de Grimm.

Dominique- Joseph Garât, le futur ministre de la justice et de l'intérieur, publia, je l'ai dit, un Précis historique de la vie de M. de Bonnard en 1785. Ce petit livre, doit-on s'en étonner? contenait utie appréciation des ouvrages et de la conduite de M'"^ de Genlis; et ce jugement, quoiqu'il f lit à mon gré trop modéré, eut la bonne fortune de mécontenter la gouvernante du Palais- Royal. La comtesse était alors toicte-pîiissante auprès du duc de Chartres; elle le pressa de se plaindre au garde des sceaux, afin de faire punir l'atiteur ou l'imprimeur de ce petit ouvrage. Que leur reprochait-onf En réalité d'avoir osé apprécier la condicite et les œuvres de M"" de Genlis; en apparence de s'être permis de reproduire, sans l'assentiment de son auteur, une lettre ^ adressée par le duc de Chartres au chevalier de

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