A UNE MADELEINE
Ox dit qu'ayant par S'oût servi l'Amour fripon, Et même sans grand choix prodigué ses tendresses, Madeleine pleurant sur ses douces Ibiblesses, D'un maître qu'elle aimoit en obtint le pardon. Vous épurez son culte en adoptant son nom ; Vous savez plaire autant et bien mieux aimer qu'elle; Vous avez moins d'amis qu'on ne lui vit d'amants, Mais vous les aurez plus longtemps Et ne verrez point d'infidèle.
A MADAME B
/ e jour de Saint- A ntoine ^
VOTRE patron fut tenté par le Diable : Eve le fut, et même le Sauveur-; Roi, prince, abbé, beaux esprits, femme aimable. Oui ne connoît le démon tentateur?
Chacun s'en plaint, mais n'en ayez pas peur. Vaincu par vous, malgré sa ruse extrême, Le pauvre Diable avoueroit aujourd'hui Que vous avez, en le tentant lui-même, Plus de malice et plus d'esprit que lui.
1. Etrennes du Parnasse, 1773. — Au lieu de yl madame B..., les Etrennes du Parnasse portent à madame de ***.
2. Les Etrennes du Parnasse donnent ce vers sous cette forme :
Eve écoula son parler séducteur.
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A MADAME DE MALARMES'
Habillée en homme avec rjtniforme du régiment Dauphin
SOUS un habit adopté par l'honneur J'ai vu briller la touchante Malarmes, Son œil plus fier conservoit sa douceur, Et l'uniforme ajoutoit à ses charmes.
A ses genoux venez rendre les armes, Braves guerriers; voilà votre vainqueur!
Pour résister à cette enchanteresse, Que serviroit toute votre valeur?
Que serviroit même encor la sagesse?
I. Charlotte de Bournon, femme auteur, épouse de Jean- Etieune Malarmes (1753-1830).