‹ Poésies diverses. Avec une notice biobibliographiqueChapitre 11 sur 52 · PSAPHON · texte numérisé non relu

PSAPHON

Point de prôneurs.

GILBERT

J'aurai mes écrits pour prôneurs,

PSAPHOX.

Quels seront vos appuis ?

GILBERT

Tous les amis des mœurs :

Tous ceux qui du taux goût ont rejeté l'empire ; Un roi qu'on peut louer, même dans la satire.

PSAPHOX.

Qu'importe? aux pensions nous serons seuls admis Avez pour vous le roi, nous aurons les commis.

GILBERT

Sous un roi qui voit tout ils suivent la justice. Mais soit : n'écrivez plus, et qu'on vous enrichisse Vous aimez la fortune, et moi la vérité : Trop heureuse à mes yeux la douce pauvreté D'un poëte anobli de mœurs et de courage. Qui peut dire : Jamais de mon avare hommage Je n'ai flatté le vice, en mes vers combattu; J'ai perdu ma fortune à venger la vertu. Si je vois mes travaux payés d'un peu d'estime, Ce peu de gloire au moins est noble et légitime;

Satires.

Tous mes écrits, entants d'une chaste candeur, N'ont jamais fait rougir le front de la pudeur ; Ils plaisent sans blasphème et vivent sans cabales; Mes modestes succès ne sont point des scandales ; Et si du temps jaloux mon nom est respecté, Mon nom ira sans tache à la postérité.

On vous calomniera.

GILBERT

Qui daigneroit vous croire ?

PS APHOX.

GILBERT

J'en aurai plus de gloire ;

P s A p H O X , poursuivant le satirique.

Vous craindrez même un tragique trépas ; Vous ne dormirez plus.

Vous n'écrirez donc pas.

Vous serez opprimé.

Adieu.

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