‹ Poésies diverses de Desforges-Maillard;Chapitre 22 sur 83 · IBIS · texte numérisé non relu

IBIS

PIQUÉE PAR DEUlC ABEILLES IdylU.

DEUX abeilles vigilantes Se promenoient un matin Pour piller les fleurs naissantes > Et se charger de butin.

Les friponnes rencontrèrent IriSi et tout doucement L'une et l'autre se glissèrent Dans le sein le plus charmant.

La belle en sentit l'atteinte, Et crut qu'elle alloit mourir.

L'Amour, au bruit de sa plainte, Vola pour la secourir.

« Deux abeilles m'ont blessée.

Dit-elle en fondant en pleurs :

Voyez ma gorge offensée.

Amour, venge mes malheurs 1 »

6o DesforgeS'Aîaillard,

Frappé de cette aventure, UAmour ôte son bandeau, Et vit ce que la nature Fit au monde de plus beau.

Il touche, il baise, il s'enflamme ; Il pousse un tendre soupir, Et sur Iris il se pâme De douleur et de plaisir.

Ensuite, essuyant ses larmes Avec son bandeau léger :

« Cesse, dit-il, tes alarmes.

Je vais bientôt te venger. »

Ouvrant ses ailes brillantes.

Le dieu la laisse un moment Pour attraper les méchantes , Qu'il ramène promptement.

« Nymphe aimable, dirent-elles.

Disposez de notre sort.

Nos erreurs vous sont cruelles, Et nous méritons la moit.

« Sachez-en Tunique cause :

Jai cru, lui dit Tune, Iris, Sucer un bouton de rose ; Moi, reprit l'autre, des lis. »

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