‹ Poésies diverses de Desforges-Maillard;Chapitre 4 sur 83 · A MONSIEUR LE MARQUIS DE ROBIEN · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE MARQUIS DE ROBIEN

Prtsidcni i monier >□ pu-lemeni de Brciignc, Lejaitr di Saint-Ckràkipki, saftti.

PEisiDENT, qui régnez dans cette solitude Plus cbaimante pour moi que toutes les cités : Ty goûte, exempt d'inquiétude.

Des plaisirs que j'avois si longtemps souhaités.

Content auprès de vous , je puis dans cet asile, Tantôt errant au bord des eaux.

Tantôt à l'ombre des o Mêler l'agréable à l'utile ;

4 D esfor g es^ Maillard,

Et, silivant pas à pas votre goût toujoois sûr.

Assembler Socnite et Virgile, Maitpertaîs et Rousseau, RoUin et Réaumur *.

Que f aime oe loisir tranquille 1 Que pour moi vos discours ont de touchants appas ! Et qu'ils sont au-dessus du frivole embarras

De tous les cercles de la ville !

Votre savoir prodigieux M'emporte par delà le séjour du tonnerre; La foule et les éclairs se forment sous mes yeux. Les éléments armés se déclarent la guerre; Sous vos habiles mains, mes regards curieux Pénètrent des oiseaux l'instinct mystérieux; Et par un nouveau jour, qu'un cercle étroit enserre. D'invisibles objets, Êdbles, vils, odieux.

Me saisissent à'éSroï, devenant sous un verre Crocodiles, serpents, dragons audacieux.

De là changeant la scène, acteur ingénieux.

Je descends avec vous au centre de la terre : Et plus heureux qu'Icare ébloui dans les airs ,

Vous me guidez au fond des mers.

Vous me développez, dans ces divers voyages, Les fossiles cachés, le tissu des métaux.

Des plantes et des animaux, Des poissons et des coquillages, Dont le beau cabinet que vos soins ont acquis

I. Le président s'occupait surtout d'histoire naturelle et de chimie.

Nous étale avec choix les monuments exquis.

Tributs des plus lointains rivages.

Votre esprit lumineux s'étend sur tous les âges ; Un mot, un caractère, un trait, Rappellent à votre mémoire.

Et lui découvrent le portrait, Les temps reculés et Thistoire Des rois, des empereurs, des héros et des dieux. Comment avez-vous pu, mortel chéri des cieux, Associer tant de sciences, Tant de sublimes connoissances Aux périlleux détours du dédale des lois.

Dont, sans vous égarer parmi leur nuit obscure, Vous tenez constamment le fil d'une main sûre,

Capable de tout à la fois ?

Il faut pour y fournir, Président admirable.

Que dans votre esprit vif, exact et pénétrant. Vous ayez aujourd'hui la force incomparable

Que votre patron mémorable.

Saint Christophe, eut jadis dans son corps de géant. Quoique informé trop tard qu'on célèbre sa fête. Je voulois vous fleurir; mais je n'aperçois rien Pour ofl5ir à celui qui, maître d'un grand bien, D'ailleurs porte lui seul l'univers dans sa tête.

Tout répond à vos vœux : assis au plus haut rang. Vous avez une épouse en qui de votre sang

Circule l'illustre noblesse.

Cette tendre moitié, que la blonde jeunesse Doua de mille attraits dont les yeux sont charmés, A réuni Vénus et la Sagesse;

6 Desforges-Afaillard.

£t chérissant des nœuds que Tamour a formés,

Vous aime autant que vous Taimez.

Ses grâces à propos nobles et familières.

Impriment dans un cœur l'estime et le respect. L'esprit pour ce qu'elle est, à son air, ses manières

La connoît au premier aspect.

Puisse Lachésis Êtvorable, Sans calculer vos jours, en grossir ses fuseaux Et retenir la main de sa sœur Atropos ,

Qui, cessant d'être inexorable,

Doit respecter des nœuds si beaux. Puissiez-vous en saiité voir votre fils grand-père , Ce marquis occupé de l'amour de vous plaire.

Imitateur ingénieux

De vos talents si précieux Et des vertus de son aimable mère.

Pour moi, je jouirai du destin le plus doux, Si, recevant mon hommage sincère.

Votre amitié, qui m'honore et m'est chère.

Dure autant que les vœux que je forme pour vous.

EPITRE

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