I. Boèce, Uy. I, poésie première
136 Desforges-Maillard.
La neige avant le temps sur ma tête est semée
Et se disperse au vent; Je ne suis sous ma peau flottante et consumée
Qu'un fantôme vivant.
Mort, heureuse cent fois, qui, d'un sort plein de charmes
N'a point troublé le cours; Propice au malheureux dont les cris et les larmes
Réclament son secours I Mais loin de m'accorder, sensible à ma prière,
La grâce d'expirer, Elle laisse mes yeux ouverts à la lumière.
Et toujours pour pleurer.
J'ai vu sur moi son bras, au sein du bonheur même.
Se lever en courroux; Et quand je suis plongé dans un malheur extrême
Elle suspend ses coups.
O vous ! dont la folie encensoit ma richesse.
Mon pouvoir glorieux.
Ma faveur dont l'éclat vous cachoit sa foiblesse,
Éblouissoit vos yeux, Apprenez, courtisans, qui voyez ma disgrâce.
Que d'un si haut degré Celui qui peut tomber, s'aveugle dans sa place.
Et s'y croit assuré *.
I. On sait qu'après a^oir vécu à la cour de Théodoric, roi des Ostrogoths, qui Téleva aux premiôres dignités, Boèce fut soupçonné à tort de trahison et décapité en $a$.