‹ Poésies diverses de Desforges-Maillard;Chapitre 55 sur 83 · DANAÉ · texte numérisé non relu

DANAÉ

Cantate,

DANS une tour d'airain dont le foîte orgueilleux Se perdoît dans la nue et s'échappoit aux yeux,

Danaé, par Tordre d'un père, Du plus injuste sort éprouvoît les rigueurs ; Et, se plaignant aux dieux d'une loi trop sévère. Elle exprimoit ainsi le sujet de ses pleurs :

Qu'il est dur, dans le bel âge.

De languir en esclavage !

Les larmes et les soupirs

Sont mon unique partage.

Qu'il est dur dans le bel âge

De vivre loin des plaisirs I

Toi, qui m'as donné la vie, Tu me l'as presque ravie

ijS Desforges-'Maillard.

En m'ôtant la liberté.

Le trépas me fait envie Toi, qui m'as donné la vie, Borne enfin ta cruauté.

Qu'il est dur, etc.

D'un voile épais le ciel se couvre, Quel bruit 1 quels afïreux sifflements !

Quels assauts I quels combats parmi les éléments !

L'éclair part, l'air mugit, l'Olympe en feu s'entr'ouvre. Mais par quel prodige nouveau Vois-je en or se fondre la nue?

Quelle divinité, quelle force inconnue

Produit un changement si beau ?

Cessez, princesse, De vous affliger.

L'amour s'empresse De vous soulager.

U vous apprête.

Sensible à vos vœux.

Une conquête Digne de vos feux.

Cessez, etc.

Elle voit un amant : c'est Jupiter lui-même.

En or liquide transformé.

De ce brillant métal quelle est la force extrême !

Jupiter avec lui possède ce qu'il aime :

Ce dieu craignoit sans lui de n'être point aimé.

Pour toucher ud cœur insensible, Amants, l'or est un sûr moyen.

Avec lui rien n'est impossible, Sans son secours on ne peut rien.

11 n'est rempart ni forteresse Que ne réduisent ses appas; Et la vertu la plus tigresse Combat, et ne triomphe pas.

P our toucher, etc.

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