A M. DORAT
UN jour, pour dissiper l'ombre de ma tristesse, Jerrois dans les détours de ces bois de lauriers, Immortels ornements des coteaux du Permesse ; Devant moi s'avançoient des poëtes altiers.
Leurs pinceaux à la main, le lierre sur la tête : Ce spectacle m'attire, et déjà je m'apprête A porter plus avant mes pas audacieux.
Quand un mortel frappe mes yeux.
La douce Volupté, mollement étendue, Près de lui sur des fleurs reposait demi-nue ; Et tandis qu'à l'écorce il confioit ses t^hants, L'Amour, au doux sourire, aux yeux vifs et touchants, La tête sur son corps indolemment penchée.
Lui spuffloit tous les feux dont il brûle les cœurs. Les Grâces, à FAmour enviant ces faveurs, Et l'âme de dépit profondément touchée.