‹ Poésies diversesChapitre 33 sur 57 · LE SONGE DE LUCI · texte numérisé non relu

LE SONGE DE LUCI

JLi*ASTRE des nuits épanchoit sa lumière Sur les forets et les monts d alentour, Lorsque Lnci, versant des pleurs d'amour.

Sentit enfin se fermer sa paupière.

Du bien-aimé qui lui promît sa foi Elle suivoit en songe le navire, Quand tout-à-coup une voix vint lui dire :

« O ma Luci ! ne pleure plus sur moi. »

À ces accents, à cette voix touchante.

Jetant près d'elle un regard incertain, Elle aperçut le malheureux Elvin Qui lui tendoit une main défaillante :

« Luci , dit-il , hélas ! bien loin de toi , « Pâle et glacé, je repose sans vie ;

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« Je dors an sein d'une mer ennemie :

« O ma Lud ! ne pleure plus sur moi.

« Durant la niiit, une tempête afFreuse « Nous a poussés vers de funeste^ bords ; « Et mon vaisseau, malgré tous nos efforts , « A disparu sous la vague orageuse.

« Du sort jalotix prêt à subir la loi, « Je t*ai donné ma dernière pensée; « Mais aujourd'hui la tempête est passée :

« O ma Luci ! ne pleure plus sur moi.

« Tu me suivras un jour sur ce rivage, « D'où les chagrins sont à jamais bannis ; « Là, par l'amour tous les deux réunis, « Nous goûterons un bonheur sans nuage. »

Le doux fantôme, alors, avec effroi S'évanouit aux lueurs de l'aurore ; Mais en fuyant il murmuroit encore :

« O ma Luci ! ne pleure plus sur moi. »

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