LE SONGE DE LUCI
JLi*ASTRE des nuits épanchoit sa lumière Sur les forets et les monts d alentour, Lorsque Lnci, versant des pleurs d'amour.
Sentit enfin se fermer sa paupière.
Du bien-aimé qui lui promît sa foi Elle suivoit en songe le navire, Quand tout-à-coup une voix vint lui dire :
« O ma Luci ! ne pleure plus sur moi. »
À ces accents, à cette voix touchante.
Jetant près d'elle un regard incertain, Elle aperçut le malheureux Elvin Qui lui tendoit une main défaillante :
« Luci , dit-il , hélas ! bien loin de toi , « Pâle et glacé, je repose sans vie ;
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« Je dors an sein d'une mer ennemie :
« O ma Lud ! ne pleure plus sur moi.
« Durant la niiit, une tempête afFreuse « Nous a poussés vers de funeste^ bords ; « Et mon vaisseau, malgré tous nos efforts , « A disparu sous la vague orageuse.
« Du sort jalotix prêt à subir la loi, « Je t*ai donné ma dernière pensée; « Mais aujourd'hui la tempête est passée :
« O ma Luci ! ne pleure plus sur moi.
« Tu me suivras un jour sur ce rivage, « D'où les chagrins sont à jamais bannis ; « Là, par l'amour tous les deux réunis, « Nous goûterons un bonheur sans nuage. »
Le doux fantôme, alors, avec effroi S'évanouit aux lueurs de l'aurore ; Mais en fuyant il murmuroit encore :
« O ma Luci ! ne pleure plus sur moi. »