‹ Poésies diversesChapitre 41 sur 57 · LE MAL DU PAYS · texte numérisé non relu

LE MAL DU PAYS

xIélas ! qui pourroit oublier

Le triste sort Du noble et vaillant chevalier

Jean de Montfôrt?

Pour suivre le prince et la reine

Vers le saint lieu, A son beau pays d*Aquitaine

Il dit adieu.

Bientôt, près du saint roi Louis,

Fait prisonnier, Il devint d'un pauvre dervis

Le jardinier;

♦ L'air pour lequel ces paroles sont faites a décidé de reatrelacement des rimes»

aoï ROMANCES.

Et, loin du ciel de sa patrie.

L'infortuné Aux bords déserts de la Syrie

Fut amené.

Là, se rappelant un séjoiu:

Qui lui fut cher, Il venoit rêver chaque jocu:

Près de la mer.

Chaque jour, assis sous l'ombrage

D'un noir cyprès, Il confioit à ce rivage

Ses vains regrets.

Belle Caliste de Salvers»

O mes amours !

Il est donc vrai ! quoi ! je vous perds !../

Et pour toujours !

Ah I s'il me faut loin de Caliste

Traîner mon sort.

ROMANCES. ao3

Oui , je le sens , mon ame est triste Jascpi*à la mort.

Mais vous, qui voyez mes douleurs,

Anges du ciel.

Détournez de moi les rigueurs

De rÉtemcl.

Puissé-je, emporté surros ailes

Loin de ces lieux, Revoir les antiques tourelles

De mes aïeux!

Ainsi Tinfortuné martyr^

Dans ses ennuis, Se consumoit au souvenir

De son pays ; Et quand sur un lit de souffrance

Il fut mourant, Sa bouche encor nommoit la France

En expirant.

ïo4 ROM AUGES.

Page 1