LES FANTOMES DE LA CHAPELLE
X^Bis de ifiiftnde, au fottd d'an* vallée Dont la Béise arrose tes détours , Du Saint-Gréal la chapelle isolée Parmi les bois eachoit ses vieilles tonrs* A son aspect , troidMidoiir et ber{;ère Se détoumoient, pâlissant de frayeur; Et vers le soir, sons son toit solitaire ,
Ne s'arrétoit javnis le voyageur.
Bien qu*ane route y fût encor tracée , G'étoît raison de fuir ces tristes lieux, Sur-tout à l'heure ùk h kme éclipsée N'édairoit plus ces bois silencieux. * Cédant alors à des mains invisibles , L*airain lugubre au loin frappoit ks airs ;
Et deux clartés, dans ces moments terribles»
Apparoissoient le long des murs déserts.
Or, une nuit que les eaux de l'orage Sur le vallon descendoient en torrents, Dans la chapelle offerte à son passage Vint s abriter le sire de Glairans.
Nul pèlerin n'avoit, en Palestine ^ Autant que lui mérité de pardons ^ Nul chevalier de plus- noble origine N avoit encor chaussé les éperons^
Il reposoit sous la nef ébranlée^
Et dans le bois les autans mugissoient,
Quand il avise, à travers ia feuillée^
Des feux lointains qui vers lui s avançoieilU
Vêtus de bbnc,' voilà que' deux iantôûieS'
Par une brèche entrent furtivemetit -,
Et sous leurs pas Tédbo de ces ^ieux dômes
A retenti d on sourd frémiBsemedt*
ROMANCES* aaa
Pour le repos de ces âmes en peine
Prioit déjà laventureux barons
Déjà sa main, d*un chapelet d'ébène, *
Dévotement conjuroit le démon :
Mais , aux Icieurs du flambeau qui les guide ^
Voyant de loin les spectres s*embrassw,
Le bon seigneur, devenu moins timide,
Tout auprès d*eux parvint à se glisser. ^
Là, seul témoin d'un tendre badinage, Il reconnut dans ce couple galant La gente Inès, veuve du voisinage, Qu*un doux ami s*en alloit consolant.
Ne faut risquer parole déplacée ; Ce néanmoins, je Ta voue entre nous, Dieu navoit pas leur première pensée, Et pour prier n étoit le rendez-vous.
Mais tout'-à-couy Téclat de son armure Venant trahir le pieux banneret,
ii4 ROMANCES.
Nos revenants 9 confus de TaventUFe, A ses genoux implorent le secret* Lui , piDmit tout à la belle éplorée :
Pourtant , hélas 1 ne sais par cpiel malheur On ne parla bientôt dans la contrée Que de la ▼euy« et de son serviteur.
Amour ! Amour I posséder sa maîtresse Est un bonheur (pii s*obtient quelquefois ; Mais le cacher si bien qu'il n y paroisse.
Voilà recueil même des plus adroits.
Tel, dans cet art, sa disant passé maître, Pour nous tromper use d'un vain détour:
Il n est secret qu'enfin l'on ne pénè^y Ni foret sombre où n'arrive le jour.
KOMâNGES. 4^5