‹ Poésies diversesChapitre 5 sur 57 · À NISA · texte numérisé non relu

À NISA

Pauca cupity qui namerâre potest.

Martial.

En amour, celui qui peut compter ne désire guère.

SS ISA ) quand , pour apaiser

La flamme qui me dévore,

Sur ta bouche que j*adore,

Je veux cueillir un baiser.

Par une ruse nouvelle,

Habile à me prévenir, ^

Tu me demandes , cruelle ,

Combien j*en veux obtenir.

Cest me demander le nombre Des étoiles qui dans l'ombre Éclairent les matelots ; C est vouloir que je t'apprenne

i4 ÉLÉGIES.

Combien la liquide plaine A de sirtes et de flots ; Combien Ion voit en automne , Autour du char de Pomone, Se presser de vendangeurs ; Combien un jour sans nuage Offre d'oiseaux sous l'ombrage , Et d*abeilles sur les fleurs.

Laissons Famant de Lesbie, En des vers ingénieux, Prescrire à sa jeune amie Le nombre et l'économie De ses baisers amoureux.

Nous, ô ma belle maîtresse!

Suivons la voix du plaisir :

Qui compte avec le désir, ' Crois-moi, n'en sent pas l'ivresse.

ÉLÉGIES. i5

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