‹ Poésies diversesChapitre 84 sur 108 · AARON, NADAB, ARZANE · texte numérisé non relu

AARON, NADAB, ARZANE

ARZANE , à Nadab.

Ma présence est ici sans doute inattendue ; Mais pardonnez, Nadab, si la fille des rois Demande à vous parler pour la dernière fois. On dit que dans ces lieux , écoutant votre père , Recevant ses conseils , cédant à sa colère , Vous allez , par ma mort , noblement consentir Au pardon qu'on promet à votre repentir. Voilà ce que Bathan s'est hâté de m'apprendre. A des reproches vains je ne sais point descendre ; Je dédaigne la vie , et je viens seulement Entendre mon arrêt, subir mon jugement.

IfADAB.

Arzane!

AAliatN.

Quelle femme insolente et rebelle Ose mêler sa voix à la voix paternelle ? * Du sang et du devoir respecte le lien , Mon fis.

316 moïse.

ARZANE

Nadab, aussi ne me devez-vous rien?

Moi , des rois d'Amalec et la veuve et la fille , Je vous livrois mes dieux , mon peuple et ma famille. • Falloit-il, puisqu'enfin vous vouliez m'immoler, Par des aveux trompeurs chercher à me troubler , A ternir sur mon front l'éclat du diadème ?

NADAB

Soupçonner mon amour ! j'en appelle a vous-même : Que diriez-vous , Arzane , en cet affreux moment , Si je vous accusois de me tromper?

ARZANE f surprise et troublée.

Comment !

Qui? moi?

AARON , à Nadab.

N'en doute pas , c'est le Ciel qui t'inspire. \ perdre les Hébreux cette étrangère aspire, Sans partager ta flamme. Altier, dur et moqueur, Son regard a trahi le secret de son cœur. Elle te hait , Nadab , comme elle hait ta race. Aussitôt qu'à tes yeux elle aura trouvé grâce , Tu la verras , quittant un langage suspect , Redevenir pour toi la veuve d'Amalec.

Tes fils, dignes enfants de cette digne mère ,

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