CODICILLE
Mais pour n'user point d'apostille Pour beaucoup que j'avais omis, Je fais ici mon codicille Pour mes plus confidents amis.
Ce sont ceux de l'Académie Où brillent les esprits du temps, Dont ma muse était tant amie Je veux tous les rendre contents.
Autant poètes qu'orateurs, Je donne quantité d'éloges A ces illustres correcteurs, Sans qui nous serions Allobroges.
Je donne un fort bel équipage A Cattin, Testin, Balesdents, Pour bien corriger le langage De nos ancêtres ignorants.
La netteté, la politesse, Pour retrancher le superflu, Eviter la molle bassesse Dedans un style résolu.
Pour corriger la comédie Et toute manière d'écrits, Je donne l'encyclopédie A^ces admirables esprits.
Pour Pellisson n'est guère en peine D'être en mon testament écrit ; H a fait comme Magdeleine Optimum partent elegit.
Ainsi je ne fais nul outrage :
Je donne à tous, selon la loi ;
Mais pour achever mon ouvrage, Et sous le bon plaisir du roi,
Je mets librement mon paraphe, Pour recevoir mes pensions, De qui joindra mon épitaphe A mes dernières actions.