ÉTUDE DES MANUSCRITS (G) XII
vrance'. On le retrouve, enseignant les belles lettres à Asti, célébrant les amours de la jolie Florida, composant, suivant les circonstances et la générosité des amateurs, épitaphes ou épithalames, amalgamant tout ce qu'il savait de Virgile, de Catulle et d'Horace. En 1441, Antonio, qui avait trente ans, renonçait aux compositions joyeuses et se mariait. En 1448, il adressait à Charles d'Orléans une épître, l’assurant une fois de plus de son dévouement. Il lui envoyait des vers, lui qui n'avait ni or, ni pierres précieuses, ni chevaux rapides qu’on a accoutumé d’adresser aux princes : « Qu’est-il au monde de plus précieux que poésie ? 2? ». Quand Charles d'Orléans fit, en 1448, son voyage à Asti, il trouva l’Astesan sur sa route, qui lui souhaita la bienvenue et le compara tour à tour à Enée, à Caton, à Ulysse, à Job ; il lui faisait aussi des offres de service 5. Antonio dut rentrer en France avec Charles d'Orléans, à la fin de l’année 1448 4. Dans tous les cas il est dit son secrétaire, au mois de février 1450, et il séjourna en France jusqu’en 1453, suivant son prince dans ses déplacements 5. C’est dans le courant de cette année qu'il dut quitter la France et regagner Astié. De cette dernière ville il écrivait pour son prince un poème sur le tremblement de terre qui venait de dévaster le royaume de Naples7. En 1458, il félicitait Charles VII de l’acquisition de Gênes. Le dernier traité de l’Astesan est un écrit le de re funera, adressé à Charles d'Orléans, postérieur au mois de juillet 1461 puisqu'on y lit trois épitaphes de Charles VII.
1. Quicherat, Procès de Jeanne d'Arc, V, p. 22. Vers quine durent jamais parvenir jusqu’à notre poète :
Et si forte tuas nondum pervenit ad aures Notitia obscuri nominis ulla mei..
2. Ad illustrissimum principem dominuin Kuarolum Aurelianensem et Mediolani ducem epistola missa.
3. Oratio viva voce pronuntiata in Villa Nova Astensi (Lib. IV. Elegorum).
4. C'est lui qui écrivait aux gens d’Asti les lettres de son maitre, d’une savante latinité.
$. Il a mentionné Paris, Vincennes, Beauté, le Parc-Saint-Maur, Saint-Denis, Bourges, Orléans, Coucy. Blois, Tours, Noyon, Senlis, Compiègne, Lagny et Chartres. Cf. les itinéraires que j'ai publiés de Charles d'Orléans (Wie de Charles d'Orléans, p. 680-82).
6. L’épitre sur l'apparition miraculeuse de la Croix Blanche au siège de Bayonne, adressée au roi, est datée de Tours, février 1453.
7. Cf. Armando Talleone, Un poemetto storico inedito di Antonio Astesano sul terremoto del 1496 (Archivio Muraltoriano, 1907).