‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 12 sur 160 · XIV LES POÉSIES · texte numérisé non relu

XIV LES POÉSIES

L’Astesan nous a rapporté comment il connut les poésies de Charles d'Orléans pendant son séjour en France. Il lisait alors de nombreux livres en français pour se perfectionner dans la pratique de notre langue. Ce fut pour lui une joie de rencontrer, par hasard, les poésies si savoureuses et si pleines d'enseignements de son seigneur ’. C’est donc entre 1450 et 1453 que l’Astesan prit copie du libellus du duc d'Orléans (le livret personnel que nous identifierons plus loin avec le ms. fr. 25458) et qu’il forma le projet singulier de le traduircen latin. Ce recueil se terminait alors avec la ballade : Commentvoy je ses Anglois esbahis, qui date précisément de l’année 1453 et fait allusion dans son refrain à la reconquête de la Guyenne. A quelle époque le travail de l’Astesan fut-il terminé ? Si l’on remarque que le ms. de Grenoble est écrit d’une seule main, qui est celle du frère du traducteur, Nicolas Astesan :, et que ce ms. contient une épitaphe de Charles VIL il est impossible de le faire remonter avant 1461. D'autre part, comme il porte les armes du duc, qui mourut en 1463 3, nous sommes amenés à conclure.qu'il fut terminé entre ces deux dates. |

Quelle est maintenant la valeur du ms. de Grenoble, et que faut il penser de l’opinion de Champollion-Figeac + qui le tenait pour le plus authentique et le meilleur de tous les manuscrits des

poésies de Charles d'Orléans ? Le grand intérêt du ms. de Grenoble ‘

est dans sa date certaine. Toutes les poésies qu'il contient sont antérieures à 1453. Mais le texte qu’il nous offre n’est que la copie du libellus et il y a peu de conclusions à tirer de l’ordre des pièces 5.

fi Cum Gallis essem tantum versatus in oris... Fausta michi gratum tribuit fortuna libellum In quo sunt multi carmina plena joci, In quo præterea moralia plurima vitæ.

2. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, 1. — Cf. Giacoumo Gorrini, Nicolo Astesano, studio crilico ; Asti, 18£6, in-8.

3. Le payement à la veuve du relieur Fouquère, auquel nous avons fait allusion pius haut, date précisément de l’année 1463. Cf. De Laborde, Ducs de Bourgogne, 111, n° 7026.

4. « Ajoutons encore que ce manuscrit de Grenoble a conservé aux poésies qu’il renferme l’ordre chronologique dans lequel Charles d'Orléans dut les composer ou les fit ranger de manière à retracer l'histoire de sa vie » (Les Porsies du duc Charles d'Orléans, 1842, p. xxu1, XX VI). — J'ai fait plus haut justice du sentiment de Chalvet.

s. À signaler toutefois l’intercalation du groupe ancien de chansons parmi le groupe des ballades les plus anciennes.

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