ÉTUDE DES MANUSCRITS (G) XV
L’Astesan a travaillé sur le manuscrit personnel du prince. Son texte n’est le meilleur que dans la mesure où il reproduit le meilleur des manuscrits, le manuscrit du-poëète lui-même (fr. 25458).
La copie de l’Astesan nous permet en outre une constatation précieuse. Dans son propre manuscrit, le duc d'Orléans, qui était un fervent musicien, avait fait réserver des blancs pour mettre la musique de ses chansons ou de certains rondeaux, pièces qui furent toutes transcrites dans la moitié inférieure de la page. Aucune suite ne fut donnée à ce projet. Suivant les besoins, oninscrivit, sur son petit registre poétique, toutes sortes de rondeaux dans ces réserves. Les mss. dérivés du ms. fr. 25458 ont tous reproduit page par page les deux étages de ces inscriptions anciennes et de ces interpolations, ainsi que les plus récents éditeurs. D’où une extrême confusion sur l’âge de ces pièces, leur suite, et même leur forme. A l’époque où l’Astesan prit copie des poésies de son patron, les blancs réservés étaient vierges de surcharges. Le ms. de Grenoble nous donne donc, dans l’ordre où il convient de les lire, la suite des chansons de Charles d'Orléans et justifie tout ce que nous avons dit sur la collecion primitive des compositions du prince et sur la valeur du ms. fr. 25458. L'Astesan exagère même notre pensée !. Car il croit que toutes ces compositions datent de la jeunesse de son seigneur :.
Ye Cujus, cum titulum legerem, michi constitit esse Aurelianensis principis illud opus, Confectum teneris ab eo et juvenilibus annis, Ut satis ex libro cernere quisque potest.
In quo præcipue miror quod carcere clausum Magnam ejus partem composuisse scio.
Gum nemo ingenii posset captivus habere Vim tantam quantumiste valet.
Admiratus eram Nasonis sepe libellos
Quos in Pontana scripserat exul humo :
Attamen vatem mirari desino quando Carmina captivi principis ista lego.
2. Le ms. de Grenoble porte aux fol. 18 et $4 la signature de Symon Cailleau, jeune écuyer, de la famille des Caillau de Picardie, et pote à sesheures, qui résida par la suite en Astesan. En 1500, Asti relevait du Parlement de Grenoble. En 1607, notre manuscrit ap. artenait à Claude Expilly. Plus tard il fut acquis par M. de Caulet dont la bibliothèque fut achetée par la ville d Grenoble (Cf. Catalogue général des Bibliothèques publiques de France, t. VII, p. 264-66).
DS