‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 120 sur 160 · CXXIII · texte numérisé non relu

CXXIII

en'ay plus soif, tarie est la fontaine : LD. 162° Repeu je suis de competent viande $

J'ay pris treves affin que on ne me attaine, Charles & Orléans 13

CHARLES D'ORLÉANS

Dissimulant, fault que le hurt attende ; Adjoint des deulx, sans que nul vilipende, Je festie lung, a l'autre fois la moue ; En ce faisant, pour eviter escande,

Entre deulx eaus, comme le poisson, noue.

En grant travail j'ai frapé la quintaine, Jusquez ung temps faull que a repos entende ; Pour obvier a voie trop haultaine,

Le moïen tiens, affin que ne descende ;

J'ai eu deluy de paier mon amende ;

En courroux faint couvertement me joue ; En reculant pour mieulx saillir en lande, Entre deulx eaus, comme le poisson, noue.

Ne vert, ne meur, mon blé mengue en graine, Dueil et plaisir me tiennent en commande ; En divers lieux ça et la me pourmaine ; La moitié fois, quant lout l'en me commande ; À demy trait lors est que l’arc debande, Pour abreger, ne l’ung ne l'autre loue, Participant de l'une et l'autre bande,

Entre deulx eaus, comme le poisson, noue.

Par prière de affailee demande, Interrogé se l'ung ou l'autre avoue, A ce respons, se aucun le me demande :

Entre deulx eaus, comme le poisson, noue.

CXXIIIe Villon

Chault comme feu, et tremble dent a dent ;

| e meurs de seuf auprés de la fontaine ;

En mon pays, suis en terre loinstiine ;

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