‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 17 sur 160 · XVIII LES POÉSIES · texte numérisé non relu

XVIII LES POÉSIES

C'était une jeune femme douce, gracieuse, bonne et charitable, à qui la chronique scandaleuse de ce temps prête des aventures. Elle se piquait de littérature ; et cette Flamande chercha toujours à rappeler les souvenirs de Valentine de Milan dont elle avait pris jusqu'aux attributs. Elle l’imita dans son goût des choses de l'esprit. C’est ainsi qu’en 1455 Pierre d’Amboise écrivit pour elle le Roman de Troylus ;. vers 1464, elle fit relier un traité de l Ame et du Cœur ; en 1470, on lui présentait des livres de ballades et de rondeaux, l’Epitre de Christine de Pisan et, en 1472, un livre d'Heures de Fouquet. Elle prit part aux disputes littéraires de la petite cour de Blois, et collabora, deux fois au moins, au recueil des poésies de son mari x.

À quelles dates le manuscrit de Carpentras fut-il commencé et achevé ? Il est difficile de le dire très précisément. Nous avons

remarqué que la partie uniforme du ms. a dû être exécutée aux

environs de 1455. Nouslisons dans un compte de la maison du duc, à la date du mois de février 1457 : « À Bertrand Richard, varlet de chambre de mondit seigneur, le xxiije jour dudit mois, pour don a lui fait par ledit seigneur pour sa paine et salaire d’avoir escript ou livre de madame la duchesse aucune des ballades du livre de mondit seigneur, xiij s. IX d. 2 ». On travaillait donc encore au livre de Marie de Clèves au début de l’année 1457. Mais comme il paraît s’agir d’une addition de quelques ballades, il y a tout lieu de croire que cette mention de compte vise la copie de ballades additionnelles ; il s'agirait alors de la transcription de la fin du ms. de Carpentras. On peut d’ailleurs remarquer que le recueil de poésies de la duchesse ne contient pas la suite des ballades sur le thème Je meurs de soif auprès de la fontaine, morceaux qui sont de la fin de l’année 1458. Nous arrivons donc à la date extrême de 1458 et nous datons le ms. de Carpentras des années 1455-1458.

O. = Bibliothèque nationale, fr. 25458, petit volume sur vélin aux armes de Charles d'Orléans, qui appartenait, au xvirte siècle, au duc de La Vallière.

1. Picrre Champion, Wie de Charles d'Orléans, p. 513 et 11. — Un liber amicorum du XV® siècle. Notice d'un manuscrit d'Alain Charlier ayant appartenu à Marie de Clèves, Revue des Bibliothèques, 1910.

2. De Laborde, Les ducs de Bourgogne, II, n° 6971, et Arch. nat., KK. 272.

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