‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 18 sur 160 · ÉTUDE DES MANUSCRITS (M, O) XIX · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES MANUSCRITS (M, O) XIX

Je serai bref sur ce manuscrit que j'ai longuement décrit et étudié :. J'ai établi que ce précieux manuscrit était le livre « personnel » des poésies du duc d'Orléans ; qu’il comprenait la collection de ses poèmes que Charles faisait tenir et tenait lui-même à jour ; que celui-ci a relu, corrigé et numéroté de sa main certaines pièces 2; que cet exemplaire contient de nombreuses pièces autographes. Ce petit manuscrit est vraiment le « livre de pensée » de Charles d'Orléans. Son intérêt n’avait pas échappé entièrement aux éditeurs de Charles d'Orléans. Mais personne, jusqu’à ce jour, n’en avait établi la valeur. J'en ai donnéla clé et j’ai montré dans quelle mesure aussi il avait contribué a égarer les éditeurs et les copistes anciens qui n’avaient pas su dans quel ordre tourner ses feuillets et lire les pièces de l’album poétique du cercle littéraire qu'était la petite cour de Blois.

Ce manuscrit nous présente un fonds primitif, dû à un scribe, orné régulièrement, offrant un classement des pièces suivant leur genre rythmique. Au jour le jour, d’années en années, ces feuillets ont été complétés par d’autres cahiers qui ne présentent plus le même soir, ni le travail d’une main-üniforme, où les blancs ont été employés pour recueillir les nouvelles PHOANÉROLS du duc presque jusqu’à sa mort.

Nous avons dit que Charles d'Orléans avait rapporté d'Angleterre le « livre de ses ballades » et qu’entre 1450 et 1453, un secrétaire italien prit copie de ses poésies de jeunesse sur un petit livre, « libellus ». Ce dernier est bien vraisemblablement le ms. fr. 25458. Dans tous les cas un compte de l’année 1455 prouve qu’un marchand de Blois avait vendu des feuilles de vélin à un de ses valets de chambre « pour adjouster et mettre ou livre des ballades de Ms. ». C’est donc aux alentours de cette date que commencent les additions au fonds primitif qui présentent un si vif intérêt.

1. Pierre Champion, Le manuscrit autlographe des poësies de Charles d’Orléans, Paris, 1907. — Pour la question des écritures, on consultera l'album que j'ai publié depuis, La Librairie de Charles d'Orléans, Paris. 1910. où l’on trouvera des fac-similés très supérieurs comme qualité à ceux publiés en simili dans mon étude critique.

2. Tout cela avec une certaine nonchalance d'ailleurs, car le bon duc n'allait jamais au bout de ses entreprises et il ne finissait jamais rien. Parfois c’est la foliation qui est de sa main. — A quinze ans de distance, c’est tout ce que

j'ai à ajouter à mon étude de 1907.

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