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2. La Bibl. nat. a possédé un tirage à part de cette partie des Annales ; ce n’est pas là, à proprement parler, la « première édition » du poëte ; cf. E. Henriot, Temps du 6 mars et Bulletin du Bibliophile de mars 1923.
XXVIHI LES ÉDITIONS
La première édition que nous possédions de Charles d'Orléans a été donnée par Chalvet en 1803 (Poësies de Charles d'Orléans, pére de Louis XII et oncle de François Ier rois de France ; Grenoble, Giroud, 1803, in-12). Elle a été établie, d’après le ms. de Grenoble, sur la copie faite par Michel Morlon, religieux conventuel de l’ordre de saint François, « recommandable par sa science des écritures anciennes, par sa piété indulgente et douce » ‘. Chalvet: qui s’en est tenu à cette copie, savait toutefois que la Bibliothèque nationale possédait un manuscrit des poésies de Charles d'Orléans beaucoup plus complet; il a cru que le ms. de Grenoble représentait un extrait des meilleurs poèmes du prince faits par l’Astesan et il ajoutait qu’il retrouvait dans notre poète le molle et facetum qui distinguait le chantre de Lesbie, le doux et gracieux Catulle. « La suite, qui se remarque non seulement dans chaque pièce, mais dans chaque livre, nous a porté à penser que l’ordre dans lequel ces poésies ont été transcrites est celui même que leur avait donné leur auteur... » Et Chalvet s’est imaginé que la division en sept livres, qui n’est qu’une fantaisie du traducteur ou du scribe, répondait à un dessein du poète, ce qui n'est pas exact.
C’est encore le ms. de Grenoble qui a servi de base à l’édition beaucoup plus complète des poésies que donna Aimé Champollion-Figeac (Les Poésies du duc Charles d'Orléans publiées sur le manuscrit original de la Bibliothèque de Grenoble conféré avec ceux de Paris et de Londres ; Paris, J. Belin-Leprieur, 1842, in-8). « Le maauscrit de Grenoble doit obtenir le premier rang... comme étant de beaucoup le plus important » (p. xx11). Et Champollion-Figeac estimait que ce manuscrit avait conservé aux poésies « l’ordre chronologique dans lequel Charles d'Orléans dut les composer, ou du moins les fit ranger, de manière à retracer l’histoire de sa vie. Aucun autre manuscrit n’offre trace d’un si utile renseignement » (p. XXVI).
1. Dit Chalvet. Au témoignage de Stendhal, si féroce aux religieux qui tourmentèrent sa jeunesse, le bon père Morlon, doux et poli, n’avait rien du cuistre : « Ce bon père Morlon a eu une grande influence sur mon esprit » ; il lui fit lire Shakespeare (Wie de Henry Brulard, éd. H. Debraye, I,
. 287). | | 2. here Vincent Chalvet, jeune pauvre libertin, véritable auteur sans aucun talent, etc. etc. », dit Stendhal qui l’eut comme professeur d'histoire à Grenoble à l’École Centrale (Vie de Henry Brulard, 1, p. 238).