PLAN D'UNE ÉDITION CRITIQUE XXXI
d’esprit qui le charmaient, en particulier dans son âge mûr et à la fin de sa vie. Quant des poètes passaient à Blois, c'était toujours l’occasion de quelque assaut d'esprit, de quelque joute sentimentale et poétique. Le bon duc rivalisait de grâces avec des ceux de son monde ; il avait des correspondants littéraires ; il réglait les frais de pauvres hères, pourvu qu’ils fussent poëtes. Et tous ceux de sa suite, ses domestiques, rimaient pour lui faire plaisir et avoir sa faveur. On a transcrit ces papiers poétiques dans son propre album, d’après des copies laissées par ses hôtes de passage, et le duc les écrivait parfois lui-même. On voit avec quel soin il convient d’examiner toute la suite de ces écritures, les problèmes complexes que soulévent l'étude du ms. O et la chronologie approximative de ces débats.
Pour la partie la plus ancienne du ms. la besogne de l’éditeur est aisée. On voit très bien qu’après son retour en France le duc d'Orléans a voulu conserver les compositions de sa jeunesse et de son exil qui l’avaient aidé à passer de si longues heures. Ces compositions, il les a classées, comme dans la plupart des recueils poétiques de ce temps, suivant leur forme. Et peut-être que ces séries formaient de petits cahiers à part. Dans toutes ces séries : Ballades, Complaintes, Chansons et même Rondeaux, on trouve cette copie primitive. Comme on l’a dit déjà, les rondeaux furent les compositions favorites de la maturité et de la vieillesse du poète. Or, dans cette suite de pièces, le même soin n’a pas été apporté dans leur inscription. On a utilisé par exemple les blancs réservés à la musique des chansons :. Il faut donc lire le ms. O suivant un certain ordre, qui n’est pas toujours facile à débrouiller, mais où nous avons cependant certains repères paléographiques et des repères historiques. Mais vers la fin, presque rien ne nous guide plus dans cette besogne, les scribes des mss. M et O2: ayant exécuté leurs copies page à page, comme les éditeurs modernes de Charles d'Orléans jusqu’à ce jour. |
Le duc d'Orléans se souciait-il d’avoir une copie complète et
1. Ces rondeaux forment parfois un double étage de pièces qui ne sont pas du même temps. Tantôt il faut les lire à leur suite dans cet étage, tantôt page par page.