PA
CHARLES D'ORLÉANS
Par Dieu, vilain, vous y mourrés Par mes mains, point ne le vous celle, S’a Leauté ne vous rendés !
Comment avez vous d’orgueil tant Que vous osez, sans achoison, Tourmenter aucun vray amant Qui, de cueur et d'entencion, Sert Amours sans condicion ?
Certes moult estes a blasmer, Pensez doncques de l’amender, En laissant vostre mal vueillance, Et, par treshumble repentance, Alez crier mercy a ceulx Que vous avez fais douloreux,
Et qui vous ont trouvé rebelle.
Autrement pour seur vous tenez Que de gage je vous appelle, S'a Leauté ne vous rendés.
Vous estes tous temps mal pensant Et plain de faulse soupeçon ; Ce vous vient de mauvais talant, Nourry en courage felon.
Quel mal ou ennuy vous fait on, Se par amours’ on veult amer, Pour plus aise le temps passer En lyee, joyeuse Plaisance ?
C’est gracieuse desirance.
Pour ce, faulx, vilain, orgueillieux, Changiez voz vouloirs oultragieux, Ou je vous feray guerre telle