‹ Poésies éditées (volume 2)Chapitre 66 sur 160 · BALLADES, XLV, 25 — XLVII · texte numérisé non relu

BALLADES, XLV, 25 — XLVII

Qui me fera, a mon plaisir, Gaangnier le jeu entierement.

Je vous supply treshumblement, 25 Amour, aprenez moy comment J'asserray les dez sans faillir ; Par quoy puisse, sans plus languir, Gaangnier le jeu entierement.

ous, soiés la tresbien venue [p. 70] Vers mon cueur, Joyeuse Nouvelle, Avez vous point ma Dame veue ?

Contez moy quelque chose d’elle.

Dittes moy, n’est elle pas telle $ Qu'’estoit, quant derrenierement, + Pour m'’oster de merencolie, M'escrivy amoureusement :

« C'estes vous de qui suis amye. »

Son vouloir, jamais ne se mue, 10 Ce croy je, mais tient la querelle De Leauté, qu'a retenue Sa plus prochainne damoiselle ; Bien le moustre, sans que le celle Qu'elle se maintient leaument, 15 Quant lui plaist, dont je la mercie, Me mander si tresdoulcement :

« C’estes vous de qui suis amye. »,

Pour le plus eureux soubz la nue

CHARLES D'ORLÉANS

Me tiens, quant m’amye s’appelle ; Car en tous lieux ou est congneue Chascun la nomme la plus belle.

Dieu doint que, maugré le rebelle Dangier, je la voye briefment,

Et que de sa bouche me die :

« Amy, pensez que seulement C’estes vous de qui suis amye. »

Jay en mon cueur joyeusement Escript, afin que ne l’oublie, Ce refrain qu'ayme chierement :

C'estes vous de qui suis amye.

ROP long temps vous voy sommeillier, Mon cueur, en dueil et desplaisir ; Vueilliez vous, ce jour, esveillier :

Alons au bois le may cueillir, .

Pour la coustume maintenir.

Nous orrons des oyseaulx le glay Dont ilz font les bois retentir, Ce premier jour du mois de May.

Le Dieu d’Amours est coustumier, À ce jour, de feste tenir, Pour amoureux cueurs festier Qui desirent de le servir; | Pour ce fait les arbres couvrir De fleurs et les champs de vert gay,

BALLADES, XLVIH, 20 — XLIX,

Pour la feste plus ëmbellir, Ce premier jour du mois de May.

Bien sçay, mon cueur, que faulx Dangier

Vous fait mainte paine souffrir ; Car il vous fait trop eslongnier Celle qui est vostre desir.

Pour tant vous fault esbat querir ; Mieux conseillier je ne vous sçay Pour vostre douleur aniendrir, Ce premier jour du mois de Mar.

Ma Dame, mon seul souvenir, En cent jours n’auroye loisir De vous raconter, tout au vray,

Le mal qui tient mon cueur martir,

Ce premier jour du mois de May!

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